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Vingtième semaine du temps ordinaire

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Table des matières

Mendier des miettes de miséricorde

Vingtième dimanche du temps ordinaire (année A)

En ce temps-là, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. Voici qu’une Cananéenne, venue de cette région, se mit à crier : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. » Matthieu 15:21–22

Après avoir été vivement pris à partie par les pharisiens, Jésus et Ses disciples parcoururent 35 miles vers le nord-ouest pour se rendre dans une région située en territoire païen, hors de la juridiction d’Hérode et des chefs juifs. Ce fut peut-être un temps de repos pour Lui et Ses disciples, ainsi qu’une occasion pour Jésus de les former plus directement. C’est durant cette retraite qu’une femme païenne vint demander de l’aide à Jésus.

Au fil du récit, nous voyons que sa prière est un modèle pour nous tous. Tout d’abord, elle reconnaît qui est Jésus : le Fils de David. C’est une manifestation de sa foi, qui contraste nettement avec le manque de foi que Jésus avait rencontré chez beaucoup de gens en Galilée. Ensuite, elle formule sa demande en des termes directs et simples : « Prends pitié de moi ! » Et : « Seigneur, viens à mon secours. » Troisièmement, sa prière est persévérante. Jésus lui permet de manifester sa persévérance, d’abord en gardant le silence devant sa demande, puis en lui disant : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens. » Jésus ne dit évidemment pas cela pour se montrer blessant, mais pour l’inviter à manifester sa foi avec persévérance. Et c’est ce qu’elle fait. Enfin, sa prière est empreinte d’une profonde humilité. Elle répond : « Je T’en prie, Seigneur, car même les chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » Elle mendiait les « miettes » de la miséricorde de Jésus, et elle reçut Sa miséricorde en abondance.

Désirez-vous les miettes de la miséricorde de Jésus comme un chien désire les miettes qui tombent de la table de son maître ? Espérons que oui. Telle est la disposition que nous devons tous avoir dans la prière. Parfois, par orgueil, nous pouvons penser que nous avons droit à la miséricorde de Dieu. Nous pouvons penser que Dieu nous est redevable. Et même si nous reconnaissons peut-être que la miséricorde ne se mérite pas, nous devons laisser cette vérité pénétrer profondément en nous. Voilà pourquoi ce récit est si important. Il nous présente la manière idéale de prier et l’humble disposition intérieure que nous devons avoir lorsque nous nous approchons de Dieu.

Prenez le temps de contempler dans la prière l’image d’un chien qui mendie des miettes tombées de la table. Quand on donne des restes à un chien, il est tout heureux. Pour nous, manger les restes de l’assiette d’un autre n’a rien d’attirant. Mais si l’« assiette » appartient au Sauveur du monde et si la « nourriture » est Sa grâce et Sa miséricorde, alors tout change. En fin de compte, le Maître nous invite aussi à Sa table et nous nourrit des mets spirituels les plus exquis. Mais cela ne change rien au fait que nous devons toujours garder l’humble disposition dont cette humble femme nous donne l’exemple.

Méditez aujourd’hui sur cette sainte femme. À la fin, Jésus s’écria : « Ô femme, grande est ta foi ! » Mais cela n’arriva qu’après qu’elle eut exprimé sa foi de tout son cœur, avec humilité et persévérance. En prenant cette femme pour lumineux exemple, réfléchissez à votre manière de prier Dieu. Priez-vous en vous croyant justes, comme si vous méritiez la miséricorde de Dieu ? Avez-vous tendance à voir en Dieu quelqu’un qui vous doit quelque chose ? Vous mettez-vous en colère contre Dieu lorsqu’Il ne répond pas immédiatement à vos exigences ? Essayez de vous humilier comme cette femme. Mendiez tout ce que Dieu veut vous donner. Faites-le avec persévérance et avec la plus grande confiance. Si vous le faites, notre Seigneur ne répandra pas seulement sur vous les miettes de Sa miséricorde : Il vous relèvera aussi et vous invitera au glorieux festin de Sa grâce abondante.

Jésus très miséricordieux, je Te supplie de ne m’accorder que les miettes de la table de Ta miséricorde. Je Te le demande de tout mon cœur. Bien que je ne Te mérite pas, je Te cherche malgré tout. Tu sais ce dont j’ai besoin, Seigneur bien-aimé ; je T’en prie, accorde-moi Ta miséricorde pour répondre à ces besoins. Jésus, j’ai confiance en Toi.


Transformés par l’Eucharistie

Vingtième dimanche du temps ordinaire (année B)

Jésus dit aux foules : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. » Jean 6:51

Ces paroles ont dû quelque peu choquer ceux qui entendaient Jésus les prononcer pour la première fois. Immédiatement après ces paroles de Jésus, nous lisons que « les Juifs se querellaient entre eux : “Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ?” » Jésus répondit encore plus directement à leur incompréhension en disant : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. » Ceux qui étaient déconcertés ont dû l’être davantage encore, et ceux qui croyaient ont dû approfondir leur foi en entendant Jésus enseigner avec tant de clarté et de profondeur.

Bien sûr, Jésus parlait de l’Eucharistie. L’Eucharistie est véritablement Son Corps et Son Sang, Son Âme et Sa Divinité. Nous le savons. Nous le croyons. Mais, de temps à autre, il est bon, sur le plan spirituel, de revenir à cet enseignement si direct et définitif de notre Seigneur. Au plus profond, l’Eucharistie restera toujours un profond mystère de foi. Comment pouvons-nous manger Sa chair et boire Son sang ? Pour quelqu’un qui n’a pas la foi et qui ne possède pas une compréhension élémentaire de l’Eucharistie, cet enseignement semble choquant et incroyable. En fait, il est facile de comprendre pourquoi certains de ceux qui l’entendirent pour la première fois se querellaient entre eux, dans la confusion. C’est pourquoi nous devons écouter les paroles de Jésus avec le don spirituel d’intelligence, afin de ne pas être de ceux qui demeurent dans la confusion. L’intelligence est un don de l’Esprit Saint qui ouvre notre esprit aux profondes vérités spirituelles que Jésus révèle. Si nous essayons d’écouter cet enseignement en nous appuyant sur notre seule raison humaine, nous ne comprendrons jamais.

Lorsque vous considérez l’enseignement de Jésus sur la sainte Eucharistie, que comprenez-vous et que croyez-vous ? Pensez tout particulièrement à ce qui vous traverse l’esprit lorsque vous assistez à la sainte messe et que vous vous avancez pour communier. Que se passe-t-il habituellement en vous à ce moment-là ? Certains s’avancent distraits, voire indifférents, prêtant davantage attention aux personnes qui les entourent qu’à l’Eucharistie. D’autres s’avancent simplement par habitude, parce que c’est ce qu’ils ont toujours fait. Certains voient surtout dans l’Eucharistie un symbole de notre participation au banquet de Dieu. Mais d’autres s’avancent avec une profonde faim et soif spirituelles de Dieu, Le reçoivent dans la foi, L’aiment profondément en Le consommant et sont remplis de l’espérance que l’accueil de ce don sacré les transformera intérieurement et les affermira sur le chemin de la sainteté. À laquelle de ces personnes ressemblez-vous le plus ?

Croire en la sainte Eucharistie et la recevoir avec la foi et la dévotion les plus grandes ne sera possible que si nous croyons. Mais croire ne va pas de soi. Cela exige d’abord de comprendre. Et nous ne comprendrons que si nous laissons notre esprit s’appliquer au mystère et à l’enseignement de Jésus, les méditer, les contempler, les pénétrer, et si nous nous ouvrons à la douce voix de Dieu qui nous les révèle. Les mots ne suffisent pas à expliquer ce mystère. Seule suffit la prière par laquelle on s’ouvre à la voix de Dieu.

Réfléchissez aujourd’hui à la manière dont vous vous approchez de la sainte Communion chaque semaine. Commencez par repenser aux dernières fois où vous vous êtes avancé pour recevoir ainsi notre Seigneur. Puis demandez-vous à quel point vous comprenez la profondeur de ce moment. Vous transforme-t-il ? Êtes-vous de ceux qui ont faim et soif de Jésus ? Remarquez-vous les effets spirituels qui se produisent en vous lorsque vous recevez l’Eucharistie ? Si oui, approfondissez votre foi en vous engageant à participer à la messe dans un plus grand esprit de prière la prochaine fois que vous y assisterez. Sinon, essayez de prendre du recul et d’examiner ce que vous croyez réellement, ce qui vous laisse dans la confusion ou ce que vous ne croyez pas. Nous ne recevrons jamais, au cours de notre vie, de don plus grand que l’Eucharistie. Croyez-y de tout votre cœur, et l’Eucharistie changera votre vie.

Mon Seigneur eucharistique, je crois ; viens au secours de mon manque de foi. Je Te remercie pour le don même de Toi-même, qui m’est accordé lorsque je reçois la sainte Communion. Continue, je T’en prie, à m’instruire au sujet de ce Don, Seigneur bien-aimé. Ouvre mon esprit à l’intelligence de ce mystère, afin que je m’avance toujours pour Te recevoir avec la foi, l’amour et l’espérance les plus grands. Jésus, j’ai confiance en Toi.


L’unité spirituelle

Vingtième dimanche du Temps ordinaire (année C)

« Pensez-vous que je sois venu établir la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division. Car désormais, cinq personnes d’une même maison seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ; le père sera divisé contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre sa belle-fille et la belle-fille contre sa belle-mère. » Luc 12:51–53

Jésus introduit ce passage en disant : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! » Le « feu » dont Il parle est Son feu purificateur de miséricorde, qu’Il a répandu du haut de la Croix lorsqu’Il a offert Sa vie pour le salut du monde. Sa miséricorde nous est donnée pour nous libérer de nos péchés et purifier nos âmes, afin que Dieu Lui-même puisse venir demeurer en nous. C’est pour cela que nous existons. Dieu veut demeurer en nous, et Il veut que nous soyons en parfaite union avec Lui.

L’un des effets glorieux de votre union à Dieu est que cette union crée aussi un lien spirituel avec les autres personnes qui sont unies à Dieu. Nous sommes faits pour la communion avec Dieu, mais aussi pour la communion les uns avec les autres. Dieu invite tout particulièrement les membres d’une même famille à partager cette unité. Bien que nous puissions vivre entre nous différents degrés d’amitié et d’unité, les liens les plus profonds naissent entre deux âmes dont chacune est unie à Dieu. Par exemple, deux personnes peuvent aimer la même équipe sportive ou avoir les mêmes centres d’intérêt, ce qui crée un lien ou une forme d’amitié. Cela est bon. Mais lorsque chacun de ces amis est aussi profondément uni à Dieu, leur unité vient de Dieu et non de quelque chose de plus superficiel.

Le passage exigeant de l’Évangile cité ci-dessus nous révèle ce qui se produit lorsqu’un ou plusieurs membres d’un foyer ne s’ouvrent pas au feu purificateur de l’amour de Dieu et, par conséquent, ne vivent pas en union avec Dieu. Il en résulte la désunion, du moins au niveau le plus profond et le plus vrai. Ce n’est pas Dieu qui est la cause de la désunion, mais le péché. Lorsqu’une personne est unie à Dieu et qu’une autre est plongée dans une vie de péché, une véritable unité spirituelle n’est pas possible. Bien sûr, les deux peuvent encore partager certains centres d’intérêt et même, en apparence, bien s’entendre au quotidien, mais elles ne pourront jamais vivre une amitié et une communion spirituelles authentiques si Dieu est absent de l’un de leurs cœurs ou des deux.

Lorsque Jésus dit qu’Il est venu apporter la division au sein d’un foyer, Il souligne simplement qu’il y aura bel et bien une division dans un foyer si tous ne sont pas unis à Dieu. De plus, Jésus nous avertit que si quelqu’un au sein de notre foyer tente de nous entraîner avec lui dans une vie de péché, nous devons refuser cette invitation. Et lorsque cela se produit, ce refus est souvent vécu comme un rejet de la personne et entraîne une désunion encore plus grande. En définitive, il n’est pas possible d’être authentiquement unis dans le péché ou dans quelque forme de mensonge que ce soit.

Réfléchissez aujourd’hui à votre désir spirituel le plus profond. Si vous êtes honnête avec vous-même, vous découvrirez que ce désir au plus profond de votre cœur est le désir d’amour. Nous sommes faits pour donner et recevoir de l’amour. Ce désir se trouve d’abord comblé lorsque nous nous ouvrons à l’amour de Dieu. Nous pouvons alors partager l’amour de Dieu avec les autres et recevoir d’eux cet amour de Dieu. Rien dans la vie ne saurait nous combler davantage.

Seigneur très miséricordieux, Tu es venu unir tous les hommes dans Ton amour, mais lorsque Ton amour est rejeté, nous vivons dans la désunion. Viens à moi, je T’en prie, et demeure plus pleinement en moi, afin que Ta présence dans ma vie suscite une communion spirituelle non seulement avec Toi, mais aussi avec ceux qui partagent ce même amour. Jésus, j’ai confiance en Toi.


La perfection

Lundi de la vingtième semaine du Temps ordinaire

« Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi. » Quand le jeune homme entendit cette parole, il s’en alla tout triste, car il avait de grands biens. Matthieu 19:21–22

Ainsi se conclut la conversation que Jésus eut avec un jeune homme riche venu à Lui pour Lui demander : « Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? » Jésus lui dit alors de garder les commandements. Le jeune homme répondit qu’il le faisait depuis sa jeunesse et voulut savoir ce qu’il pouvait faire de plus. Jésus répondit donc à sa question. Mais cette réponse allait au-delà de ce que le jeune homme pouvait accepter.

« Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi. » Voulez-vous être parfait ? Si oui, Jésus a placé la barre très haut pour atteindre un tel objectif. Il semble que beaucoup de disciples du Christ se contentent de vivre une vie simplement convenable. Autrement dit, il semble rare de trouver une personne qui s’engage de tout cœur sur le chemin de la perfection. Beaucoup ont peut-être de bonnes intentions, mais il semble que peu s’engagent pleinement à faire tout ce qu’exige réellement la perfection à laquelle nous sommes tous appelés.

Il est intéressant de noter que la première réponse de Jésus à ce jeune homme riche exposait les conditions pour entrer dans la vie éternelle, c’est-à-dire le minimum requis pour accéder au Ciel. En termes simples, Jésus disait que si vous vous gardez du péché grave en observant les commandements, vous hériterez de la vie éternelle. Bien entendu, cela suppose aussi que vous ayez reçu le don de la foi et que vous soyez ainsi ouvert au don du salut. Est-ce donc de cela que vous vous contentez ? Vous suffit-il de faire le minimum nécessaire pour aller au Ciel ?

L’idée de perfection peut nous sembler hors de portée. Trop souvent, nous pouvons nous dire : « Je ne suis qu’un être humain. » Mais, en tant qu’êtres humains appelés par Dieu, nous sommes invités à travailler pour atteindre cet objectif accessible : une plus grande sainteté. Même si nous resterons toujours en deçà de la perfection, nous devons nous efforcer de devenir aussi saints que possible, sans rien garder pour nous.

Bien que l’invitation adressée à ce jeune homme — « va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres » — ne soit pas une exigence que notre Seigneur impose à tous, Il appelle certains à la vivre à la lettre. Pour tous les autres, cependant, l’invitation demeure, mais dans un sens spirituel plutôt que littéral. C’est l’appel spirituel à la pauvreté intérieure, à la pauvreté en esprit. Chacun de nous est appelé à se détacher intérieurement et entièrement des choses de ce monde, même s’il conserve ses biens. Notre unique possession doit être l’amour de Dieu et le service de Sa volonté. Un détachement spirituel aussi profond signifie que Dieu et Sa sainte volonté sont tout ce que nous désirons dans la vie. Et s’Il venait un jour à nous appeler à tout abandonner au sens littéral, nous le ferions sans hésiter. Même si cela peut sembler extrême, c’est en réalité précisément ce qui nous sera le plus bénéfique. C’est le seul chemin pour devenir pleinement humains et être pleinement les personnes que nous étions destinés à être. Et la récompense finale n’est pas seulement d’accéder au Ciel, mais d’y recevoir une mesure de gloire qui dépasse notre compréhension. Plus nous devenons saints ici-bas, plus notre récompense éternelle sera grande au Ciel. N’hésitez pas à faire tout votre possible pour amasser ce trésor qui demeurera avec vous pour toujours.

Méditez aujourd’hui sur le sublime appel à la perfection que Dieu vous adresse. Demandez-vous en toute sincérité si vous vous contentez d’une vie simplement convenable, ou si vous désirez bien davantage. Voulez-vous les plus grandes richesses du Ciel ? Voulez-vous que les trésors spirituels que vous amassez maintenant demeurent avec vous durant toute l’éternité ? N’hésitez pas à accueillir ce sublime appel de Jésus. Laissez Son invitation à ce jeune homme riche résonner dans votre cœur comme une invitation qu’Il vous adresse personnellement, à vous aussi. Dites-Lui « oui » et sachez que vous Lui en serez éternellement reconnaissant.

Mon Seigneur plein d’amour, Tu as invité le jeune homme riche à tendre vers la perfection. Tu m’adresses, à moi aussi ainsi qu’à tous Tes enfants, ce saint et sublime appel. Donne-moi la grâce dont j’ai besoin pour me détacher de tout ce qui fait obstacle à ce but, afin que Toi et Ta sainte volonté deveniez le but central et unique de ma vie. Jésus, j’ai confiance en Toi.


Le chas d’une aiguille

Mardi de la vingtième semaine du Temps ordinaire

Je vous le dis encore : il est plus facile à un chameau de passer par le chas d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu. » En entendant ces paroles, les disciples furent profondément étonnés et dirent : « Qui donc peut être sauvé ? » Jésus les regarda et leur dit : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pour Dieu tout est possible. » Matthieu 19:24–26

Selon une tradition, le « chas de l’aiguille » désignait une porte dans la muraille de Jérusalem. Pendant la journée, une grande porte était ouverte, par laquelle un chameau pouvait facilement passer. Mais la nuit, cette grande porte était fermée, et une ouverture plus petite, en son centre, permettait aux personnes de passer. Un chameau, toutefois, ne pouvait franchir cette petite ouverture qu’à condition de se mettre à genoux, d’être déchargé du fardeau qu’il portait sur le dos, puis de passer en rampant. En se référant à ce récit, saint Anselme affirme que « les riches ne devraient pouvoir emprunter le chemin resserré qui mène à la vie avant de s’être dépouillés du fardeau du péché et des richesses, c’est-à-dire en cessant de les aimer » (Chaîne d’or). Est-il donc possible à un chameau de passer par le « chas de l’aiguille » et, par conséquent, à un riche d’entrer au Ciel ? Oui. Mais seulement à condition de se mettre à genoux, de s’humilier et de se débarrasser du « bagage » de ses richesses.

Pour ceux qui sont véritablement riches des biens de ce monde, ce passage de l’Évangile peut être difficile à lire et à méditer. Il a été prononcé à propos du jeune homme riche qui demandait à Jésus comment entrer dans la vie éternelle. Jésus lui a répondu : « Va, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. » À ces mots, le jeune homme riche s’en est allé tout triste, car il était manifestement attaché à ses richesses.

L’explication de Jésus citée plus haut devrait toutefois donner de l’espérance à quiconque peine à répondre à cette grande exigence. Les disciples étaient profondément troublés par les paroles de Jésus, et c’est pourquoi Il a ajouté : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pour Dieu tout est possible. » Pour Dieu, tout est possible ! Cette affirmation devrait être soigneusement méditée et accueillie dans la foi par quiconque lutte contre un attachement excessif aux richesses matérielles. Il faut aussi noter que l’on peut être attaché aux richesses même sans en posséder. C’est le désir d’avoir davantage qui constitue l’attachement dont il faut se purifier, et non la possession effective de richesses. En effet, il est possible de posséder beaucoup de biens sans y être aucunement attaché. Telle est la beauté de la pauvreté d’esprit. Mais gardez-vous de présumer trop vite que vous vivez parfaitement cette béatitude. C’est par amour pour ceux qui sont excessivement attachés aux biens de ce monde que Jésus a prononcé les paroles citées plus haut. Si tel est votre cas, faites donc preuve de miséricorde envers vous-même et prêtez une grande attention aux paroles de Jésus ainsi qu’au combat intérieur que vous menez à ce sujet.

Méditez aujourd’hui cette parole claire et sans ambiguïté de Jésus : « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. » Le croyez-vous ? Pouvez-vous l’accepter ? Jésus s’adresse-t-Il à vous à travers ce passage ? Encore une fois, même si vous êtes matériellement pauvre, votre désir de richesse est-il puissant ? Si oui, ce passage s’applique tout autant à vous. Laissez-le demeurer dans votre cœur dans un esprit de prière et, en le lisant, efforcez-vous d’être aussi honnête que possible avec vous-même. N’hésitez pas à choisir les véritables richesses du Ciel plutôt que les biens passagers de ce monde. En fin de compte, la valeur des richesses spirituelles dépasse infiniment celle de tout ce que vous possédez durant votre bref séjour sur cette terre.

Seigneur des vraies richesses, Tu désires que chacun de nous soit comblé de richesses spirituelles infiniment plus grandes que tout ce que nous pourrions obtenir en ce monde. Libère-moi, je T’en prie, de mon attachement aux richesses matérielles, afin que je puisse vivre affranchi de ce fardeau. Aide-moi à voir la valeur des trésors de Ta grâce et de Ta miséricorde, et à faire de cette véritable richesse l’unique centre de ma vie. Jésus, j’ai confiance en Toi.


Vaincre l’envie

Mercredi de la vingtième semaine du Temps ordinaire

Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : « Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ? » Ils lui répondirent : « Parce que personne ne nous a embauchés. » Il leur dit : « Allez à ma vigne, vous aussi. » Matthieu 20:6–7

Ce sont là des paroles très généreuses de la part du maître du domaine. Comme l’explique la parabole, ce maître a embauché des ouvriers pour sa vigne tôt le matin, puis de nouveau à neuf heures, à midi, à trois heures et enfin à cinq heures. Mais, à la fin de la journée, il leur a versé à tous le même salaire journalier, comme s’ils avaient tous travaillé depuis le petit matin. Ceux qui avaient été embauchés les premiers étaient mécontents, estimant injuste que ceux qui n’avaient travaillé qu’une heure reçoivent le même salaire qu’eux. Mais le maître du domaine conclut : « Et si je veux donner à ce dernier autant qu’à toi ? Ne suis-je pas libre de faire ce que je veux de mon propre argent ? Es-tu envieux parce que je suis généreux ? » Dieu, dans Sa miséricorde, est généreux au-delà de ce que nous pouvons comprendre. Mais nous, êtres humains marqués par la chute, nous vérifions sans cesse si nous recevons notre juste part et nous nous comparons aux autres. Nous avons tendance à vouloir toujours davantage et devenons facilement envieux lorsque nous voyons les autres réussir ou recevoir des bienfaits que nous n’avons pas. Par exemple, si quelqu’un est plus populaire que nous sur les réseaux sociaux, conduit une plus belle voiture, possède une plus grande maison ou s’offre des vacances coûteuses, nous avons souvent tendance à constater avec une sorte de tristesse que nous n’avons pas ce qu’il a. Et c’est cela, l’envie.

Le remède à l’envie est une générosité sans réserve. Il ne s’agit pas seulement d’être généreux avec notre argent, mais aussi dans nos affections et dans notre capacité à nous réjouir des bienfaits que les autres reçoivent. Par exemple, si quelqu’un vous annonçait qu’il part le mois prochain pour de belles vacances dans un endroit où vous avez toujours voulu aller, comment réagiriez-vous ? Vous pourriez dire en plaisantant : « Oh là là, je suis jaloux ! » La jalousie peut rapidement se transformer en envie, laquelle est une forme de tristesse devant les bienfaits qu’un autre possède et que vous n’avez pas. Et cette tristesse devant les bienfaits d’autrui peut ensuite se transformer en colère.

Ces ouvriers de la vigne qui avaient travaillé toute la journée et reçu la même somme que ceux qui n’avaient travaillé qu’une heure auraient pu réagir en félicitant les ouvriers arrivés plus tard ; ils auraient même pu dire en plaisantant : « Vous en avez de la chance ! Si seulement j’étais arrivé à cinq heures ! » Mais, au lieu de cela, ils ont récriminé et tenté de faire obstacle à la générosité du maître du domaine en disant : « Ces derniers n’ont travaillé qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons porté le poids du jour et de la chaleur. » Là encore, il s’agit d’envie, car leur tristesse devant la générosité du maître du domaine les a conduits à tenter de faire obstacle au bienfait reçu par les autres.

Chaque fois que vous remarquez en vous cette forme de tristesse qui n’a rien de saint, prêtez-y attention. Elle signifie que vous manquez de générosité désintéressée envers les autres. Et si vous voyez Dieu combler quelqu’un d’autre de richesses spirituelles, efforcez-vous de vous en réjouir généreusement. Louez Dieu et rendez-Lui grâce pour Sa bonté. Ne vous repliez pas sur vous-même et repoussez toute tentation de vous comparer aux autres. À bien des égards, chacun de nous est représenté par ceux qui n’ont travaillé qu’une heure et qui ont reçu le salaire d’une journée entière. C’est parce que nous ne pourrions jamais mériter la grâce du salut. La seule et unique raison pour laquelle nous pouvons recevoir le don du salut éternel et toutes les autres grâces que Dieu nous accorde, c’est que Dieu est infiniment généreux. La bonté et la générosité de Dieu doivent donc être au centre de notre attention constante, et nous devons nous réjouir de cette générosité lorsqu’elle s’exerce envers nous comme lorsqu’elle s’exerce envers les autres.

Réfléchissez aujourd’hui à toute tendance à l’envie que vous pourriez avoir. Pensez aux bénédictions que d’autres ont reçues et que vous n’avez pas reçues. Examinez sincèrement votre réaction intérieure et priez pour que Dieu vous accorde la grâce de pouvoir vous réjouir généreusement de ces bénédictions. Toute bénédiction accordée par Dieu doit être pour nous une cause de joie, qu’elle nous soit accordée à nous ou à d’autres.

Mon Seigneur très généreux, Tu répands Tes bénédictions sur tous en surabondance. Lorsque je vois de quelles manières les autres sont bénis par Toi, aide-moi à cultiver une sincère gratitude pour tout ce qu’ils ont reçu. Aide-moi à me réjouir véritablement des multiples façons dont Tu bénis tout Ton peuple. Libère-moi de l’envie, Seigneur bien-aimé, afin que je ne sois pas accablé par ce péché odieux. Jésus, j’ai confiance en Toi.


Une invitation du Père

Jeudi de la vingtième semaine du Temps ordinaire

« Le royaume des Cieux est comparable à un roi qui célébra les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. » Matthieu 22:2–3

Le roi de cette parabole est Dieu le Père, et les noces sont celles du Christ et de l’Église. Le Père invite chacun de nous à devenir membre de l’Église et à entrer dans une union divine avec Son Fils Jésus, entrant ainsi dans la vie de la Sainte Trinité. Mais nous voyons dès le début de la parabole que les invités « ne voulaient pas venir ». Dans la suite de la parabole, le roi redouble d’efforts pour inviter les convives, mais tous réagissent de l’une ou l’autre de ces deux manières : « Certains ne tinrent pas compte de l’invitation et s’en allèrent… » et « Les autres se saisirent de ses serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. » De toute évidence, ce n’était pas la réponse qu’espérait ce roi généreux.

Nous voyons dans ces deux réactions deux degrés de rejet de l’Évangile, présents dans notre monde aujourd’hui comme ils l’étaient au temps de Jésus. Le premier degré de rejet est l’indifférence. Beaucoup de gens sont aujourd’hui très occupés. Nous nous laissons facilement absorber par de nombreuses choses qui, en fin de compte, ont peu d’importance. Beaucoup sont accaparés par leurs smartphones, leurs ordinateurs et leurs tablettes. Beaucoup passent d’innombrables heures à regarder la télévision. D’autres deviennent dépendants du travail, consacrant la majeure partie de leur temps à leur activité professionnelle et laissant peu de place à ce qui compte le plus, comme la famille, la prière et le service. Il est donc très facile de devenir indifférent aux questions de foi et de négliger la prière quotidienne qui permet de rechercher et d’accomplir la volonté de Dieu. Cette indifférence est très grave.

Il existe aussi dans notre monde un rejet de la foi qui se manifeste par une hostilité croissante envers l’Église et la morale. De bien des manières, le monde sécularisé continue de promouvoir une culture contraire à l’Évangile. Et lorsque les chrétiens prennent la parole et s’opposent à ces nouvelles tendances culturelles, ils sont condamnés et souvent présentés comme des personnes pleines de préjugés ou promptes à juger. C’est une telle malveillance qu’ont manifestée les invités de cette parabole qui « se saisirent de ses serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent ». L’hostilité envers l’Église, la foi et les principes moraux clairs établis par Dieu semble croître chaque année. Cette forme de rejet de l’Évangile est encore plus dommageable que la simple indifférence évoquée plus haut. Dans cette parabole d’aujourd’hui, Jésus dit qu’en réponse à ceux qui s’étaient montrés indifférents et hostiles, le roi « envoya ses troupes, fit périr ces meurtriers et incendia leur ville ».

Cette parabole ne doit pas nous amener à regarder les autres et à les condamner comme si nous étions le roi et en avions le droit. Nous n’avons pas ce droit. Dieu seul l’a. Il faut plutôt lire cette parabole à la lumière de votre propre vie. Espérons que vous ne faites pas partie de ceux qui sont hostiles à l’Évangile. Mais peut-être êtes-vous, comme beaucoup d’autres chrétiens, aux prises avec la première forme de rejet : l’indifférence. Nous pouvons facilement devenir indifférents de bien des manières et à bien des degrés. À l’opposé de l’indifférence, il y a le fait de se soucier, et de se soucier profondément, de se rendre au festin des noces lorsqu’on y est invité.

Réfléchissez aujourd’hui au festin des Noces auquel vous êtes invité. Vous êtes invité à prendre part à la glorieuse célébration de votre union avec le Sauveur du monde. Vous êtes invité à Lui abandonner votre vie sans réserve. Vous êtes invité à la sainteté, à l’intégrité morale, à une fidélité inébranlable à Dieu, au service des autres, à une charité sans limites et à tant d’autres choses encore. Entrer au festin des Noces de l’Agneau est une réalité qui doit se vivre chaque jour et à chaque instant de votre journée, pour le reste de votre vie. Dieu vous invite. Direz-vous « oui » de tout votre être ?

Mon Seigneur, Toi qui nous invites, Tu désires que tous les hommes accueillent pleinement Ton invitation à ne faire qu’un avec Toi par le mariage spirituel. Tu nous appelles au glorieux festin des noces et à la joie éternelle. Que je ne sois jamais indifférent à Ton invitation et que j’y réponde toujours de tout mon cœur. Je T’aime, Seigneur bien-aimé. Aide-moi à T’aimer toujours davantage. Jésus, j’ai confiance en Toi.


Aimer dans les situations difficiles

Vendredi de la vingtième semaine du Temps ordinaire

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Matthieu 22:37–39

Nous connaissons bien le passage ci-dessus. C’est la réponse de Jésus aux pharisiens venus Le mettre à l’épreuve. Auparavant, un groupe de sadducéens avait tenté de Lui tendre un piège, sans succès. C’était donc maintenant au tour des pharisiens de faire tout leur possible pour prendre notre Seigneur au piège. Bien sûr, la réponse de Jésus fut parfaite. Et, après avoir achevé cette réponse, Jésus leur rendit la pareille en posant aux pharisiens quelques questions auxquelles ils furent incapables de répondre ; ils n’osèrent alors plus Lui poser de questions.

Il arrive que les questions par lesquelles quelqu’un met notre foi à l’épreuve nous soient utiles, car elles nous permettent de préciser ce que nous croyons réellement. Bien que Jésus n’ait pas eu besoin de cette clarté pour Lui-même, Il l’a apportée face à ces ruses, afin d’aider aussi bien les pharisiens que Ses disciples qui écoutaient attentivement.

Quelqu’un vous a-t-il déjà mis à l’épreuve sur des questions de foi ? Si oui, quelle a été votre réponse ? Avez-vous pu répondre grâce à l’inspiration et à la clarté données par l’Esprit Saint ? Ou êtes-vous reparti dans la confusion, incapable de répondre ? Lorsque quelqu’un met notre foi à l’épreuve, cela peut soit nous plonger dans la confusion, soit approfondir notre compréhension.

En répondant à cette question comme Il l’a fait, Jésus a présenté sous une forme nouvelle et résumée toute la Loi donnée par Moïse dans les dix commandements. Les trois premiers des dix commandements concernent l’amour de Dieu, et les sept derniers, l’amour du prochain. Le deuxième commandement donné par Jésus, « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », découle du premier. Comment vous « aimez-vous vous-même » ? Vous le faites en accomplissant le premier commandement donné par Jésus : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. » Quand Dieu est aimé par-dessus tout, aimer votre prochain signifie alors simplement aimer Dieu qui demeure en lui, conformément à la manière dont Dieu l’aime.

Il est également utile de noter qu’il est possible d’« aimer » notre prochain d’une manière contraire à l’amour de Dieu. Par exemple, si notre amour du prochain s’exprime d’une manière contraire à l’Amour de Dieu, il ne s’agit pas d’un amour véritable. Supposons que votre prochain ait choisi un mode de vie gravement immoral. Comment l’aimer de l’amour de Dieu ? Vous ne lui dites pas : « Je vous soutiens dans votre manière de vivre immorale. » Agir ainsi n’est pas aimer de l’amour de Dieu ; c’est une forme d’amour égoïste qui se préoccupe davantage de la réaction de cette personne à votre égard que de son âme éternelle. La juste manière d’aimer une personne qui s’est égarée dans une conduite objectivement immorale consiste à lui faire savoir que vous l’aimez, mais que vous ne soutenez pas les choix qu’elle fait. Et même si elle réagit négativement, le souci de son salut éternel doit primer sur tout désir de simplement rester en bons termes avec elle.

L’amour du prochain peut parfois être difficile, surtout lorsque ce « prochain » est un membre de la famille qui s’est détourné de Dieu. Mais dans ces moments-là, pensez à la manière dont les sadducéens et les pharisiens cherchaient sans cesse à prendre Jésus au piège. Il apportait toujours la réponse parfaite de l’amour et ne laissait jamais leurs propos égarés semer la confusion. De même, nous devons nous appuyer sur la sagesse et l’amour de Dieu lorsqu’il est difficile d’aimer quelqu’un. Dans ce cas, Dieu doit guider chacune de nos conversations, afin que l’autre sache qu’il est aimé et que notre amour ne s’écarte pas de l’amour pur de Dieu.

Méditez aujourd’hui sur le noble appel qui vous a été adressé : aimer Dieu par-dessus tout et aimer votre prochain de ce même amour que vous avez pour Dieu. Si vous trouvez difficile d’aimer quelqu’un, priez pour obtenir la sagesse nécessaire afin de lui rester fidèle dans le seul amour de Dieu. Et si votre amour est mis à l’épreuve, comptez sur notre Seigneur pour vous guider et vous donner les paroles dont vous avez besoin au moment où vous en avez le plus besoin.

Mon Seigneur plein d’amour, Tu aimes tous les hommes d’un amour parfait et Tu nous appelles tous à T’aimer de tout notre cœur, de toute notre âme et de tout notre esprit. Et Tu nous appelles à aimer les autres de l’amour que Tu as pour eux. Remplis mon cœur d’amour pour Toi et pour tous les hommes, en particulier ceux qui sont les plus difficiles à aimer. Donne-moi la sagesse, Seigneur bien-aimé, pour savoir comment aimer les autres en Toi, afin qu’ils fassent l’expérience de Ton amour parfait dans leur vie. Jésus, j’ai confiance en Toi !


L’humilité… le chemin de la grandeur

Samedi de la vingtième semaine du temps ordinaire

« Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé. » Matthieu 23:11–12

Si vous deviez tracer les plans de votre avenir idéal, à quoi ressemblerait-il ? Imaginez que vous ne soyez limité ni par votre budget ni par vos ressources. Imaginez que vous puissiez choisir de faire tout ce que vous voulez, d’aller partout où vous voulez et de profiter de toutes les activités dont vous avez envie. Imaginez la plus belle expérience que vous puissiez vivre. Quelle serait-elle ? La plupart des gens penseraient immédiatement à s’accorder les plus grands plaisirs imaginables : une vie dans les lieux de séjour les plus luxueux, avec les meilleurs repas, les plus beaux paysages et les moments les plus reposants et les plus agréables possible. Mais serait-ce vraiment votre « avenir idéal » ?

Le passage de l’Évangile ci-dessus est très clair. La grandeur se trouve dans le service. On ne peut être élevé que par l’humilité. Le mode de vie idéal est-il celui qui regorge de plaisirs, de divertissements, de luxe et de choses semblables ? Certainement pas. La vie idéale, la plus grande, la plus élevée, est celle où l’on se met au service des autres avec la plus grande humilité possible. C’est, pour l’essentiel, ce que Jésus nous dit dans ce passage. Le croyez-vous ?

Remarquez que Jésus emploie les mots « le plus grand » et « doit » dans la même phrase. Ces deux expressions sont tout à fait catégoriques. Personne n’est plus grand que « le plus grand », et le chemin qui mène à cette grandeur exige, sans exception, que le plus grand soit le serviteur de tous les autres. À bien des égards, cette vérité va à l’encontre de la plupart des conceptions humaines de la grandeur. Le plus souvent, lorsqu’une personne est considérée comme « grande », elle est servie et traitée avec un honneur et un respect qui ne sont pas accordés à la plupart des gens. Par exemple, si vous receviez chez vous une personne de grande importance pour dîner, vous vous mettriez très probablement à son service. Bien entendu, le service dont il est question ici va bien au-delà du fait de servir à table ou d’offrir un repas. Même si c’est là une manière bénie de servir les autres et d’exprimer son amour, la conception du service selon Jésus va beaucoup plus loin. Comment servir à la manière de celui qui est véritablement grand ? Nous le faisons surtout en nous abaissant. L’humilité est la plus grande forme de service que nous puissions rendre à autrui.

Jésus a été, sans aucun doute, la personne la plus humble qui ait jamais vécu. Seule Sa mère a partagé parfaitement cette sainte vertu. L’humilité permet à une personne de se libérer de toute tendance égoïste et d’orienter son amour vers le bien d’autrui. Jésus l’a fait tout d’abord en S’incarnant dans le sein de Sa chère mère. Le Fils éternel de Dieu ne S’est pas fait homme parce qu’Il en aurait retiré quelque avantage égoïste. Il l’a fait parce qu’Il nous aimait et que Son Incarnation nous était bénéfique. Le Fils de Dieu n’a pas permis qu’on se moque de Lui, qu’on Le tourne en ridicule et qu’on finisse par Le tuer parce qu’Il en aurait retiré quelque avantage. Il l’a fait pour pouvoir entrer dans la mort et la détruire, afin que nous puissions ressusciter avec Lui. Il l’a fait pour nous. Et nous pourrions parcourir chaque passage des Évangiles et constater que tout ce que Jésus a fait, Il l’a fait pour les autres, et jamais par désir égoïste. Ce service, dans lequel notre Seigneur faisait chaque jour don de Lui-même, était un fruit de l’incroyable humilité qu’Il vivait. Tout ce que Jésus a fait, Il l’a fait par amour pour les autres et avec humilité, afin d’apporter le salut et la transformation à leurs âmes éternelles.

Dans notre vie, nous devons faire un choix fondamental. Vais-je vivre pour moi-même ? Ou vais-je vivre pour les autres ? Il semble que très peu de personnes vivent pleinement pour les autres. Il est difficile de détourner notre regard de nous-mêmes pour ne le tourner que vers le bien d’autrui. Mais si nous prenons conscience que vivre pour les autres est aussi le chemin de notre propre grandeur et de notre exaltation ultime, cela devient beaucoup plus facile. Servir les autres, tout particulièrement sur le plan spirituel en faisant tout votre possible pour les aider à se rapprocher de Dieu, voilà ce qui vous rendra grand. Rien d’autre ne peut le faire. Croyez-le et vivez-le.

Méditez aujourd’hui sur une vie de véritable grandeur. Réfléchissez en particulier à la manière dont vous pouvez mener une telle vie. Comment pouvez-vous servir les autres plus pleinement ? Comment pouvez-vous faire de leur sainteté votre objectif premier ? Comment pouvez-vous aider les autres à grandir dans leur amour de Dieu ? Abaissez-vous et détournez votre regard de vous-même pour le tourner vers les autres. Cela portera des fruits pour l’éternité, pour les autres comme pour vous-même.

Mon Seigneur souverainement élevé, Tu es élevé bien au-dessus de tous les autres. Tu es la Grandeur même. La vie que Tu as menée, Seigneur bien-aimé, fut une vie de la plus grande humilité. Mais c’est dans cette humilité que Tu as accompli le salut du monde. Aide-moi à imiter Ta grandeur en faisant du service des autres ma mission primordiale dans la vie. Je t’aime, mon Seigneur. Puissé-je aimer et servir les autres avec Toi. Jésus, j’ai confiance en Toi.

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