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Des fenêtres sur votre âme
Trente-deuxième dimanche du temps ordinaire (année A)
Jésus dit à ses disciples cette parabole : « Le royaume des Cieux sera semblable à dix vierges qui prirent leurs lampes et sortirent à la rencontre de l’époux. Cinq d’entre elles étaient insensées et cinq étaient sages. » Matthieu 25:1–2
On peut dire que nos cinq sens sont une fenêtre sur notre âme. Par nos sens, nous percevons le monde qui nous entoure, nous l’accueillons dans notre esprit et notre cœur, et nous entrons en relation avec lui selon les décisions que nous prenons. Plusieurs Pères de l’Église disent que les cinq vierges sages de la parabole d’aujourd’hui représentent ceux qui font usage de leurs cinq sens conformément à la volonté de Dieu, tandis que les cinq vierges insensées représentent ceux qui s’abandonnent aux plaisirs de leurs cinq sens dans une vie de péché.
Il est intéressant de noter que saint Jean de la Croix enseigne que la forme la plus élevée de communication avec Dieu a lieu lorsque nos cinq sens sont réduits au silence et que tout ce que nous avons appris par eux est plongé dans l’obscurité, afin que Dieu puisse communiquer avec nous de manière directe et spirituelle. Mais tant que nous n’avons pas atteint ce degré de perfection spirituelle, auquel nous parvenons par diverses purifications de notre âme, nous devons nous appuyer sur nos sens comme source de connaissance, en particulier pour notre connaissance de Dieu.
Avec nos yeux, nous sommes appelés à percevoir la beauté de la présence de Dieu au sein de la création, en particulier chez les autres. Avec nos oreilles, nous entendons la Parole de Dieu proclamée, qui résonne ensuite en nous et y suscite le don de la foi. L’odorat, le goût et le toucher nous instruisent eux aussi de diverses manières, nous conduisant soit aux délices du Royaume de Dieu, soit aux jouissances du monde déchu.
Si les cinq vierges sages représentent le saint usage des cinq sens, nous devons alors voir le lien entre elles et l’huile de leurs lampes. De nombreux Pères de l’Église voient dans l’huile un symbole des bonnes œuvres, ou de la charité. La charité est nécessaire pour parvenir au Ciel, pour rencontrer l’Époux lorsqu’Il se présente à une heure inattendue. La personne qui pratique la charité fait usage des dons naturels reçus de Dieu pour Sa gloire. Ses cinq sens cherchent sans cesse des moyens de glorifier Dieu et d’accomplir Sa sainte volonté.
Les cinq sens peuvent aussi facilement nous entraîner dans la recherche égoïste des plaisirs charnels. Lorsque cela se produit, l’huile de la charité s’épuise en nous et nous ne sommes pas prêts pour l’heure de notre mort, lorsque l’Époux revient.
Demandez-vous si vous ressemblez à ces vierges sages ou à ces vierges insensées, en considérant la manière dont vous faites usage de vos cinq sens. Que regardez-vous régulièrement de vos yeux ? Recherchez-vous la présence de Dieu dans notre monde ? Le voyez-vous dans les pauvres, les personnes vulnérables, les personnes seules et celles qui sont dans le besoin ? Ou bien regardez-vous les nombreux maux qui vous entourent et vous laissez-vous fasciner par eux, au point de vous laisser entraîner à les pratiquer ?
Avec vos oreilles, écoutez-vous attentivement la Parole de Dieu ? Ou vous sentez-vous attiré par le monde des commérages, de la médisance et des autres paroles qui constituent un péché ? Vous abandonnez-vous aux plaisirs du toucher, de l’odorat et du goût, choisissant l’excès de plaisir et vous y attachant de manière désordonnée ? Ou vous efforcez-vous de pratiquer la tempérance et la maîtrise de vous-même, en renonçant aux plaisirs malsains et coupables ?
Réfléchissez aujourd’hui aux facultés naturelles de votre âme, en particulier au don de vos cinq sens. Ce faisant, examinez la manière dont vous les utilisez, ce que vous regardez, ce que vous écoutez et les plaisirs auxquels vous vous abandonnez. Vos sens ne sont qu’une fenêtre sur votre âme et la première voie par laquelle Dieu vous parle et entre dans votre cœur. Veillez sur vos sens et ne laissez entrer que les bonnes choses du Ciel. Vous produirez ainsi en vous l’huile de la charité et pourrez être toujours prêt pour la venue de notre Seigneur.
Seigneur de parfaite charité, Tu désires me parler et Te révéler à moi de bien des manières. Je Te prie de m’accorder de toujours Te percevoir par mes yeux et mes oreilles, et de faire usage de mes cinq sens pour Ta gloire. Libère-moi, je T’en prie, de tout attachement désordonné et malsain, afin que je sois libre de m’attacher entièrement à Toi. Jésus, j’ai confiance en Toi.
Donner tout ce que vous avez pour vivre
Trente-deuxième dimanche du temps ordinaire (année B)
Jésus s’assit en face du Trésor et observait comment la foule y déposait de l’argent. Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes. Une pauvre veuve vint aussi et y déposa deux petites pièces ne valant que quelques centimes. Marc 12, 41–42
Si vous étiez responsable du trésor du Temple, que préféreriez-vous ? Que les riches y déposent de grosses sommes d’argent ? Ou qu’une pauvre veuve y dépose deux petites pièces ? Bien sûr, il pourrait être difficile de répondre honnêtement à cette question. On peut faire beaucoup de bien avec de grosses sommes d’argent, n’est-ce pas ? Ne vaudrait-il pas mieux recevoir davantage que quelques centimes ? Le dilemme que l’on éprouverait dans cette situation révèle une erreur de perception que nous rencontrons régulièrement dans la vie. Avoir plus vaut-il mieux qu’avoir moins ? La richesse vaut-elle mieux que la pauvreté ? La réussite vaut-elle mieux que l’échec ? Tout dépend de la réalité spirituelle en jeu.
Prenons, par exemple, la réussite et l’échec. Supposons qu’une personne se lance dans une entreprise égoïste et immorale qui lui rapporte rapidement d’énormes revenus. Beaucoup y verraient une réussite. Supposons qu’une autre personne ait cherché dans la prière à accomplir la volonté de Dieu et ait créé une autre entreprise. Après des années d’efforts, cette entreprise a échoué et fait faillite. Quelle situation est préférable ? De toute évidence, la personne qui a cherché à accomplir la volonté de Dieu est celle qui l’emporte. Pourquoi ? Parce que le fruit spirituel de la fidélité à la volonté de Dieu, malgré les revers sur le plan matériel, a produit un trésor éternel plus précieux que les richesses terrestres.
Dieu juge le cœur, non les résultats aux yeux du monde. En effet, d’un point de vue purement mondain, la vie de Jésus a été un échec total. Il a été arrêté, accusé d’un crime passible de la peine capitale, battu et mis à mort. Son royaume terrestre — que désiraient nombre de ses disciples — n’a jamais été établi. Beaucoup d’entre eux L’ont abandonné lorsqu’Il a été mis à mort. Même après être ressuscité d’entre les morts, Il n’a pas établi de royaume terrestre.
Bien sûr, dans le domaine spirituel, celui des réalités éternelles, la vie de Jésus fut une réussite infinie. Sa mort a détruit la mort elle-même, et Sa Résurrection a permis à tous ceux qui croient en Lui de participer à la vie éternelle. Son Royaume spirituel est désormais en plein épanouissement et sera un jour visible à tous.
Revenons à notre question initiale. Si vous étiez responsable du trésor du Temple et que l’on vous proposait le même choix que celui évoqué par Jésus — recevoir les sommes importantes offertes par les riches ou les deux pièces de la pauvre veuve —, il serait certainement préférable d’accepter les deux pièces. Si cela vous est difficile à comprendre, c’est le signe que vous vivez davantage selon les valeurs du monde que selon celles du Royaume spirituel de Dieu. La pauvre veuve a donné plus que deux petites pièces ; elle a aussi offert le don spirituel de sa générosité et de sa confiance totale en Dieu. Elle a donné tout ce qu’elle avait, avec la confiance que Dieu prendrait soin d’elle et ferait servir son don au bien. Cela est infiniment plus fécond pour l’édification du Royaume de Dieu que le don de l’argent superflu de quelqu’un. Dieu n’a pas besoin de notre argent, mais nous avons besoin de le donner, de nous en détacher et d’être prêts et disposés à donner à Dieu tout ce que nous avons, tout ce que nous sommes, tout ce qui nous fait vivre. Voilà ce qu’est la confiance. Voilà un don spirituel dont les effets pour l’éternité, en vue du salut des âmes, seront bien plus grands que ceux de tout l’argent du monde.
Méditez aujourd’hui sur l’éloge que Jésus fait de cette pauvre veuve. « Elle, dans sa pauvreté, a donné tout ce qu’elle avait, tout ce qui lui permettait de vivre. » Donnez-vous tout ce qui vous fait vivre ? Consacrez-vous tout ce que vous possédez, toutes vos énergies et tous vos dons, ainsi que tout ce que vous êtes, au service de Dieu pour Sa gloire ? Nous sommes appelés à tout donner à Dieu, et non pas seulement une partie de notre vie. Réfléchissez à la manière dont vous imitez cette pauvre veuve et cherchez à suivre son saint exemple.
Seigneur très généreux, Tu as donné tout ce que Tu avais et tout ce que Tu es, par amour, pour le salut du monde. Aide-moi à imiter Ton don total en Te rendant tout, en Te confiant ma vie entière, tout ce que je suis et tout ce qui me fait vivre. Jésus, j’ai confiance en Toi.
Découverte et émerveillement
Trente-deuxième dimanche du temps ordinaire (année C)
Quelques sadducéens, ceux qui nient qu’il y ait une résurrection, s’approchèrent de Jésus et Lui posèrent cette question : « Maître, Moïse nous a prescrit ceci : Si le frère de quelqu’un meurt en laissant une femme, mais sans enfant, son frère doit épouser la veuve et susciter une descendance à son frère. Or, il y avait sept frères ; le premier épousa une femme, mais mourut sans enfant. Puis le deuxième et le troisième l’épousèrent, et de même les sept moururent sans enfant. » Luc 20:27–31
Les sadducéens formaient, parmi les Juifs, une petite classe dirigeante, riche et privilégiée, qui ne reconnaissait que les cinq premiers livres de l’Ancien Testament, la Torah. Ils rejetaient la tradition orale et étaient en conflit permanent avec les pharisiens. Pourtant, lorsqu’il s’agissait de Jésus, ces deux groupes se relayaient pour mettre notre Seigneur à l’épreuve dans le but de Le discréditer.
Les sadducéens ne croyaient ni à la résurrection des corps ni à l’immortalité de l’âme. C’est pourquoi ils imaginèrent la situation décrite ci-dessus pour prendre Jésus au piège. Jésus leur répondit bel et bien, puis s’appuya sur le livre de l’Exode, que les sadducéens reconnaissaient, pour montrer que Moïse parlait d’Abraham, d’Isaac et de Jacob comme étant vivants et auprès de Dieu. Ainsi, selon Moïse, leurs âmes étaient immortelles, ce qui prouvait que les sadducéens avaient tort. Cette réponse les humilia et les réduisit au silence dans leur tentative de Lui tendre un piège.
Ce récit nous enseigne notamment que nous devons veiller à ne pas nous enfermer dans une vision limitée et étroite des vérités éternelles. Lorsque nous parviendrons au Ciel et que la plénitude de la vérité de Dieu sera révélée à notre intelligence, nous serons émerveillés et nous prendrons conscience des limites de notre compréhension lorsque nous étions sur terre. Bien que nous devions toujours chercher à comprendre plus pleinement et nous efforcer de grandir dans la foi et dans la connaissance des vérités de Dieu, nous devons aussi toujours aborder ces vérités éternelles avec humilité, en reconnaissant combien notre compréhension de celles-ci est réellement limitée. Notre cheminement de foi doit être un cheminement de découverte, d’émerveillement devant cette découverte, puis d’humble reconnaissance des limites réelles de ce que nous avons découvert de notre foi. Le reconnaître humblement ne revient pas à nier les vérités que nous découvrons. C’est plutôt une manière de prendre continuellement conscience qu’il reste tellement plus à découvrir.
Dans quelle mesure comprenez-vous Dieu et tout ce qu’Il a révélé ? Il peut être difficile de répondre à cette question. Saint Thomas d’Aquin, peut-être le théologien le plus savant qui ait jamais vécu sur terre, fut l’un des auteurs les plus prolifiques sur la foi. Une grande partie de ce que nous enseignons aujourd’hui sur de nombreux sujets touchant à la foi découle de ses enseignements détaillés. À la fin de sa vie, avant d’achever son dernier ouvrage, il vécut une expérience mystique qui dépassait les mots. Après cette expérience, le dominicain qui l’aidait demanda à saint Thomas de terminer son travail d’écriture. On rapporte que Thomas lui répondit : « Réginald, je ne le peux pas, car tout ce que j’ai écrit me semble n’être que de la paille. » Ainsi, l’une des plus grandes œuvres de la théologie catholique, la Somme théologique, ne fut jamais achevée. Saint Thomas d’Aquin, le plus grand des théologiens, était saisi d’émerveillement devant le peu qu’il savait réellement et les limites de sa formulation des vérités de Dieu.
Méditez aujourd’hui sur le noble appel qui vous a été adressé à rechercher la vérité de toute votre intelligence. Réfléchissez à votre engagement dans cette tâche importante. Plus nous comprenons, plus nous désirons comprendre. Méditez aussi sur cette vérité qui nous rend humbles : nous ne comprendrons jamais l’intelligence infinie de Dieu. Cette vérité doit nous pousser à poursuivre toujours plus profondément notre quête de découverte et d’émerveillement.
Mon Seigneur infini, Ta sagesse est infiniment au-dessus de la mienne et Tes voies bien au-dessus des miennes. Je T’en prie, donne-moi un désir ardent de Te connaître et de comprendre tout ce que Tu as révélé. À mesure que je Te découvre davantage, Seigneur bien-aimé, garde-moi aussi dans l’humilité, afin que je demeure toujours émerveillé devant l’immensité de Ton être. Jésus, j’ai confiance en Toi.
Aimer chaque pécheur
Lundi de la 32e semaine du temps ordinaire
Jésus dit à ses disciples : « Il est inévitable que surviennent des occasions de péché, mais malheur à celui par qui elles surviennent. Il vaudrait mieux pour lui qu’on lui mette une meule autour du cou et qu’on le jette à la mer plutôt qu’il ne fasse tomber dans le péché un seul de ces petits. » Luc 17:1–2
L’image d’une personne à qui l’on met une meule autour du cou avant de la jeter à la mer est très parlante. Jésus emploie un langage très évocateur. Une meule était une grosse pierre ronde percée d’un trou en son centre. Si on la plaçait autour du cou de quelqu’un et qu’on le jetait à la mer, il est évident qu’il coulerait au fond et mourrait. Ainsi, Jésus affirme clairement que ce sort terrible est en réalité préférable à celui des personnes qui font « tomber dans le péché un seul de ces petits ».
Il faut tout d’abord préciser que personne ne peut réellement nous faire pécher. Le péché relève de notre propre choix libre, et nous, et nous seuls, aurons à répondre de notre propre péché. Jésus souligne ici notamment que, même si chacun doit assumer la responsabilité de ses propres actes et de ses propres péchés, nous devons aussi assumer la responsabilité des manières dont nous nous faisons les tentateurs des autres. Nous sommes tous pécheurs. Par conséquent, par notre péché, nous tenterons tous les autres de pécher à leur tour. Parfois, nous tenterons des personnes de pécher en provoquant leur colère. À d’autres moments, nous tenterons les autres de pécher en leur donnant le mauvais exemple. Et, à l’inverse, nous avons aussi la capacité de « tenter » les personnes de pratiquer la vertu. Ou, pour parler plus justement, de les y inspirer et de les y encourager.
Cela étant dit, Jésus explique que ceux qui se font les tentateurs des autres, en particulier des « petits », subiront des conséquences plus graves qu’une mort prématurée. Par les petits dont parle Jésus, il faut entendre ceux qui sont faibles dans la foi, d’une sensibilité excessive, particulièrement vulnérables à ce moment de leur vie et perméables aux influences extérieures. Il peut s’agir d’un enfant, ou d’une personne qui se trouve actuellement au bord du désespoir, de la confusion, de la colère ou de quelque péché grave. Lorsque vous rencontrez de telles personnes, comment les traitez-vous ? Le cœur de Jésus est rempli d’une profonde compassion pour ces personnes, et Il veut que nous ayons la même profondeur de compassion. Mais il nous arrive d’y manquer. Nous pouvons négliger notre devoir d’aller vers elles. Même cette négligence pourrait être une manière de faire « tomber dans le péché un seul de ces petits ». Bien sûr, il serait encore bien pire de les troubler délibérément, de les juger durement, de provoquer leur colère, de les tenter en les entraînant dans quelque péché de faiblesse et de fausse consolation, etc. La vérité est toute simple : Jésus aime ceux qui sont faibles, vulnérables et pécheurs, et Il veut que nous les aimions avec Son cœur. Lorsque nous manquons à cet amour, Jésus nous tiendra pour responsables de leur éloignement accru de la grâce.
Réfléchissez aujourd’hui à la personne ou aux personnes de votre entourage qui semblent particulièrement vulnérables, pécheresses, désorientées et perdues en ce moment. Qui lutte contre la colère, une dépendance ou un mode de vie marqué par le péché ? Méditez sur votre attitude à leur égard. Portez-vous sur elles des jugements, les condamnez-vous, les rabaissez-vous, ou agissez-vous de manière semblable ? Les tentez-vous de s’enfoncer davantage dans les péchés de faiblesse qu’elles commettent dans un état de vulnérabilité, les entraînant ainsi plus avant dans le péché ? Ou bien, lorsque vous rencontrez une personne en grande difficulté, vous tournez-vous vers elle avec la compassion et la miséricorde les plus profondes, en lui pardonnant toutes les manières dont elle peut pécher contre vous, et en vous efforçant de tout cœur d’être simplement là pour elle dans son besoin, aussi éprouvant que cela puisse être pour vous ? Engagez-vous à aimer profondément tous les « petits » de Dieu et cherchez à les servir avec le cœur du Christ, afin qu’un jour ils se réjouissent éternellement avec vous au Ciel.
Mon Seigneur plein de compassion, Tu aimes le pécheur et Tu désires profondément qu’il se tourne vers Toi dans son besoin. Je T’en prie, donne-moi Ton cœur compatissant, afin que je sois libre de l’aimer comme Tu l’aimes. Que je ne devienne jamais pour lui un instrument de tentation qui l’éloignerait davantage de Toi, mais plutôt un instrument de Ta miséricorde indéfectible. Jésus, j’ai confiance en Toi.
Serviteurs du Maître
Mardi de la trente-deuxième semaine du temps ordinaire
Jésus dit aux Apôtres : « Lequel d’entre vous dirait à son serviteur qui vient de rentrer après avoir labouré ou gardé les brebis aux champs : “Viens tout de suite prendre place à table” ? Ne lui dira-t-il pas plutôt : “Prépare-moi de quoi manger. Mets ton tablier et sers-moi pendant que je mange et que je bois. Tu pourras manger et boire quand j’aurai fini” ? A-t-il de la reconnaissance envers ce serviteur parce qu’il a fait ce qui lui avait été ordonné ? » Luc 17:7–9
Dans la plupart des cultures aujourd’hui, l’idée d’avoir un serviteur auquel on ordonne de nous servir est loin d’être un idéal. Jésus utilise cette image parce que ceux auxquels Il s’adressait pouvaient facilement s’y reconnaître. Il s’en est servi pour les amener à l’humilité, car, lorsque cette illustration est bien comprise, Il désignait chacun d’eux comme le serviteur, et non comme le maître. Dieu seul est le Maître.
Lorsqu’il s’agit de notre service de Dieu, il n’y a pas de limite aux ordres que Dieu nous donnera. Au premier abord, cela peut sembler dur, mais ce n’est pas le cas, car les ordres que Dieu nous donne sont les prescriptions d’un amour parfait. Nous avons besoin de Ses ordres. Nous avons besoin de l’ordre qu’Il établit. Nous avons besoin d’entrer dans une obéissance parfaite envers Lui. Nous avons besoin d’écouter tout ce qu’Il nous dit et d’y obéir parfaitement. Voir Dieu comme notre Maître et nous-mêmes comme Ses serviteurs ne nous paraîtra dur que si nous ne comprenons pas quel Maître Il est.
Rappelez-vous les belles paroles de notre bienheureuse Mère lorsqu’elle reçut l’ordre transmis par l’archange Gabriel. L’ange lui dit : « Tu vas concevoir en ton sein et enfanter un fils, et tu devras lui donner le nom de Jésus. » Ce n’était pas une question qui lui était posée ; c’était un ordre d’amour. Marie n’a pas hésité et n’a pas refusé. Elle a dit : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. »
À la fin de l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus poursuit : « Quand vous aurez fait tout ce qui vous a été ordonné, dites : “Nous sommes des serviteurs inutiles ; nous avons fait ce que nous étions tenus de faire.” » À bien des égards, c’est exactement ce que notre bienheureuse Mère a fait. Elle était une servante obéissant aux ordres parfaits de Dieu, et elle savait que son amour pour Dieu l’obligeait à suivre Sa volonté.
Lorsque vous pensez à votre service de la volonté de Dieu, avez-vous l’impression de rendre service à Dieu ? Considérez-vous l’obéissance aux prescriptions de Dieu comme un acte de générosité de votre part, et votre coopération à ces prescriptions comme allant au-delà de vos devoirs naturels ? Espérons que non. Espérons que vous comprenez que, comme notre bienheureuse Mère, vous êtes un serviteur de l’unique véritable Maître de toutes choses. Espérons aussi que vous voyez dans les ordres de Dieu le chemin vers une vie de plein accomplissement. Lorsque nous comprenons qui est le Maître, nous n’hésitons jamais à être un serviteur, ou même un esclave. Nous n’hésitons pas à nous abandonner librement à Sa volonté dans une obéissance totale et indéfectible. Dieu seul sait ce qui est le meilleur pour nous, et nous devons Lui remettre entièrement la conduite de notre vie.
Méditez aujourd’hui sur l’image d’un maître et d’un esclave. Ce faisant, essayez de vous défaire de toute idée préconçue qui évoque la dureté, la cruauté, la domination et le contrôle. Essayez plutôt de voir l’image d’un Maître divin dont l’unique souci est le bien de son serviteur. Essayez de voir un Maître qui aime parfaitement son serviteur. Réfléchissez à votre propre besoin d’un tel Maître dans votre vie. Priez pour pouvoir remettre entièrement à Dieu la conduite de votre vie en toutes choses, afin qu’Il puisse l’orienter vers les réalités glorieuses qu’Il vous réserve.
Mon Seigneur et mon Maître, Tu m’as ordonné, ainsi qu’à tous Tes serviteurs, d’obéir à Tes commandements d’amour parfait. Ta seule volonté est ce qu’il y a de meilleur pour nos vies, et Tes prescriptions leur apportent accomplissement et sens. Puissé-je, avec Ta bienheureuse Mère, toujours T’obéir en tout, car je suis Ton serviteur, Seigneur bien-aimé. Puissé-je accomplir avec joie ce que je suis tenu de faire. Jésus, j’ai confiance en Toi.
Merci, mon Seigneur
Mercredi de la trente-deuxième semaine du Temps ordinaire
Jésus répondit : « Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Où sont les neuf autres ? Il ne s’est donc trouvé que cet étranger pour revenir rendre grâce à Dieu ? » Puis il lui dit : « Relève-toi et va ; ta foi t’a sauvé. » Luc 17:17–19
Notre Seigneur adressa cette réponse au seul lépreux qui était revenu auprès de Jésus pour Le remercier. Dix lépreux étaient venus à Jésus et, se tenant à distance, avaient crié : « Jésus, Maître ! Prends pitié de nous ! » Sur quoi Jésus les avait tous guéris. Mais le cœur de cette guérison réside moins dans la guérison elle-même que dans la gratitude exprimée par un seul des dix.
Cet Évangile nous rapporte que ce seul lépreux accomplit cinq gestes pour exprimer sa profonde gratitude. Il revint, glorifia Dieu, le fit à pleine voix, se jeta aux pieds de Jésus et le remercia. Quel merveilleux témoignage pour nous tous !
Par analogie, les enfants considèrent souvent les soins aimants de leurs parents comme un dû. C’est pourquoi bien des parents attentifs rappellent régulièrement à leurs enfants de dire « merci ». Dans notre relation avec Dieu, nous pouvons nous aussi facilement considérer les actes de salut de Dieu comme un dû. Nous pouvons aisément voir toute la grâce que nous recevons comme quelque chose que nous méritons plutôt que comme un don d’une infinie miséricorde. Lorsque cela se produit, nous ressemblons davantage aux neuf autres qui n’ont pas su exprimer comme il convenait leur gratitude à Jésus.
Tout d’abord, il faut souligner que nous n’exprimons pas notre gratitude à Dieu parce qu’Il aurait besoin de ces louanges. Il ne dépend pas de notre gratitude pour être confirmé dans Sa propre valeur. C’est évident. Dieu est Dieu, et Il n’a aucunement besoin de notre louange. Cependant, rendre à Dieu une louange et une gloire profondes est essentiel. Cela est essentiel parce que nous avons besoin de cette vertu de gratitude pour nous rappeler chaque jour que tout ce que nous recevons de Dieu est un don immérité. Nous ne pouvons pas gagner Son amour et Sa grâce. Nous ne les méritons pas. Mais Il choisit malgré tout de nous les accorder par miséricorde. Et la seule réponse qui convienne à la miséricorde est la gratitude. Une profonde gratitude.
La gratitude est essentielle parce qu’elle est conforme à la vérité. Nous devrions toujours revenir vers notre Seigneur après qu’Il nous a accordé Sa grâce. Nous devrions Le glorifier avec une grande ferveur, criant vers Lui de tout notre cœur. Nous devrions, au sens propre comme intérieurement, nous prosterner face contre terre devant Lui, à Ses pieds, et Le remercier, encore et encore, sans jamais nous lasser. Cela nous aidera toujours à nous rappeler cette vérité : tout ce que nous avons et tout ce que nous sommes est un don de Dieu. Un don de grâce, immérité, auquel nous n’avons aucun droit.
Réfléchissez aujourd’hui à la profondeur de la gratitude dans votre propre cœur. Vous comportez-vous souvent plutôt comme un enfant gâté et égoïste, ou percevez-vous régulièrement la générosité de Dieu ? Si cette plénitude de gratitude vous fait défaut de quelque manière que ce soit, alors méditez sur ce lépreux. Sa gratitude, exprimée avec toute l’ardeur de son cœur, est l’élément le plus important de ce récit. En définitive, il reçut bien davantage de grâce que les neuf autres, parce que sa guérison fit naître la foi ; et c’est cette foi qui sauva non seulement son corps, mais aussi son âme. Cherchez à sauver votre âme en imitant la foi de ce saint lépreux qui fut guéri.
Mon Seigneur plein de bonté, Tu répands sur moi Ta miséricorde en surabondance. Sans Toi, Jésus, je n’ai rien ; mais avec Toi, je reçois tout. Puissé-je toujours connaître et comprendre combien j’ai besoin de Ta grâce. Et lorsque je la reçois en don, puissé-je y répondre avec la plus profonde gratitude, sauvant ainsi mon âme par la foi. Jésus, j’ai confiance en Toi.
Percevoir le Royaume de Dieu
Jeudi de la trente-deuxième semaine du temps ordinaire
Les pharisiens ayant demandé à Jésus quand viendrait le Royaume de Dieu, il leur répondit : « La venue du Royaume de Dieu ne se laisse pas observer, et personne n’annoncera : “Le voici”, ou : “Le voilà.” Car voici que le Royaume de Dieu est au milieu de vous. » Luc 17:20–21
Pourquoi les pharisiens ont-ils posé cette question à Jésus ? Pourquoi voulaient-ils savoir quand viendrait le Royaume de Dieu ? Pour répondre à cette question, nous devons d’abord considérer l’ensemble du contexte des divers échanges entre Jésus et les pharisiens. Lorsque nous le faisons et que nous voyons les nombreuses façons dont les pharisiens ont tenté de prendre Jésus au piège de Ses paroles, ainsi que les occasions où notre Seigneur les a fermement réprimandés, il semble clair que les pharisiens n’ont pas posé cette question à Jésus avec innocence et ouverture de cœur. Au contraire, ils cherchaient une fois de plus à Le piéger. Ils ont posé une question par laquelle ils donnaient l’apparence de croire aux enseignements de Jésus sur la venue du Royaume de Dieu, mais ils ne l’ont pas fait dans la foi : ils l’ont fait par dérision, en cherchant à prendre Jésus en défaut dans Sa réponse.
La réponse de Jésus est mystérieuse. Elle laisse peu de prise aux pharisiens pour retourner Ses paroles contre Lui. Peut-être les pharisiens espéraient-ils que Jésus dirait que le Royaume allait venir bientôt, ou le mois suivant, ou dans l’année. Mais la réponse de Jésus les laisse perplexes devant ce mystère : « Le Royaume de Dieu est au milieu de vous. »
Une grande partie de ce que dit Jésus ne peut être pleinement comprise que par la foi. Il emploie souvent à dessein un langage voilé, car la seule manière de lever le voile pour percevoir le sens de Ses enseignements est de s’appuyer sur le don inspiré de la foi. La foi est comme une clé qui ouvre l’accès aux secrets des mystères de Dieu. La foi devient le prisme à travers lequel se comprennent chaque parabole, chaque figure de style et chaque mystère enseigné par notre Seigneur. Mais sans ce don inspiré de la foi, les enseignements de Jésus demeurent mystérieux et incompréhensibles.
Lorsque vous méditez ces paroles, « le Royaume de Dieu est au milieu de vous », que comprenez-vous ? Êtes-vous capable de recourir au don de la foi pour pénétrer le sens de cet enseignement sacré ? Il est intéressant de constater que la lecture des paroles de Jésus, exprimées de manière voilée, nous offre l’occasion d’éprouver notre propre foi. Si nous lisons ces paroles et restons dans la confusion, c’est un signe clair que nous devons demander dans la prière le don de la foi et nous y ouvrir. Mais si nous lisons les enseignements mystérieux de Jésus et que la lumière de l’intelligence nous est donnée, c’est alors une raison manifeste de nous réjouir, puisque cette compréhension n’est possible que par le don de la foi.
Réfléchissez aujourd’hui à cet enseignement sacré de notre Seigneur : « Le Royaume de Dieu est au milieu de vous. » Méditez ces paroles et priez pour recevoir la lumière et l’intelligence nécessaires pour les comprendre. Les paroles de Jésus sont vraies. Son Royaume est véritablement partout, tout autour de nous et en nous. Il est bien vivant. Le voyez-vous ? Le percevez-vous ? Voyez-vous le rôle qui vous revient dans son édification ? Servez-vous de ces questions pour éprouver la profondeur de votre foi et sachez que Dieu veut vous révéler ces mystères qui ne peuvent être compris que par Sa grâce.
Mon Seigneur, Toi qui es mystère, Ton Royaume est partout, tout autour de nous et en nous. Oui, je crois. Donne-moi les yeux de la foi pour que je puisse sans cesse discerner Ta main à l’œuvre. Puissé-je toujours être attentif à tout ce que Tu souhaites me révéler et ouvert au sens profond des mystères que Tu révèles. Augmente ma foi, Seigneur bien-aimé, afin que je puisse Te connaître et participer à l’édification de Ton Royaume glorieux. Jésus, j’ai confiance en Toi.
Accueillir le moment présent
Vendredi de la trente-deuxième semaine du Temps ordinaire
Jésus dit à ses disciples : « Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il aux jours du Fils de l’homme : on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; alors le déluge survint et les fit tous périr. » Luc 17:26–27
Alors que nous entrons dans les dernières semaines de l’année liturgique, nous commençons à tourner notre attention vers la venue ultime du Christ. Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus nous donne l’exemple de Noé et de Loth. Dans leurs deux récits, les gens mangeaient, buvaient, se mariaient, achetaient, vendaient, plantaient et bâtissaient, jusqu’au jour même où le déluge vint détruire la terre au temps de Noé et où le feu tomba du ciel au temps de Loth. Noé et Loth furent tous deux sauvés, mais beaucoup d’autres personnes vivant à cette époque périrent de manière soudaine et inattendue.
Jésus dit que les « jours du Fils de l’homme » seront semblables à ces deux événements du passé. À un moment inattendu, Jésus reviendra sur terre, et le Jugement dernier s’ensuivra. Son message est donc clair : soyez prêts à tout moment.
Bien que nous connaissions cet enseignement de notre Seigneur, exprimé à maintes reprises et de diverses manières dans les Évangiles, beaucoup de personnes ne tiennent pas compte de ce message. Il est facile de croire que vous aurez toujours demain pour changer, et vous cédez donc à la tentation aujourd’hui. Puis demain arrive, et vous succombez de nouveau à la tentation en vous disant que vous vous y attaquerez demain, et ainsi de suite. Nous pouvons facilement continuer à perpétuer nos péchés et à céder à nos tentations, tout en gardant la bonne intention de changer demain. C’est une erreur pour deux raisons.
Tout d’abord, il reste toujours possible que notre Seigneur vienne effectivement aujourd’hui et qu’aujourd’hui soit véritablement la fin du monde. Ou encore, il reste toujours tout à fait possible que votre vie prenne fin aujourd’hui, de manière soudaine et inattendue. Si cela devait arriver, seriez-vous pleinement prêts à comparaître devant le tribunal du Christ ? La plupart des gens ne le seraient pas, du moins pas pleinement. Cela devrait donc suffire à nous inciter à œuvrer sans relâche aujourd’hui pour être prêts dès maintenant et à chaque instant à venir.
Mais nous devrions aussi considérer que cette prophétie de notre Seigneur s’applique à chaque instant de chaque jour. Jésus vient sans cesse à nous, soudainement et sans prévenir, nous invitant à Le servir par la grâce. Ce passage de l’Évangile déclare : « Qui cherchera à conserver sa vie la perdra, et qui la perdra la sauvegardera. » Cela s’applique à la fin de notre vie et à la fin du monde, mais aussi à chaque instant de chaque jour. Si nous cherchons continuellement à perdre notre vie, c’est-à-dire à choisir les réalités du Ciel plutôt que les plaisirs terrestres passagers qui nous tentent chaque jour, alors nous ferons aussi quotidiennement l’expérience de la grâce du salut, ici et maintenant, à chaque instant de notre vie.
Réfléchissez aujourd’hui à ceci : cherchez-vous régulièrement à perdre votre vie pour le Royaume de Dieu ? Choisissez-vous sans cesse la grâce, la miséricorde, le Ciel, l’obéissance, l’amour, le don de vous-mêmes, la compassion, le pardon et tout ce qui leur ressemble, à chaque instant de chaque jour de votre vie ? Si oui, notre Seigneur vous accordera continuellement le don de Sa grâce salvifique, ici et maintenant, vous préparant ainsi au moment ultime du jugement. Sinon, vous ressemblerez davantage aux gens du temps de Noé et de Loth, qui périrent soudainement au moment où ils s’y attendaient le moins. Vivez pour Dieu maintenant, aujourd’hui, en cet instant, et vous en serez éternellement reconnaissants.
Mon Seigneur toujours présent, Tu viens sans cesse à moi, soudainement et à l’improviste, et si souvent je ne T’entends pas et ne perçois pas Ta présence. Je T’en prie, aide-moi à vivre continuellement pour Toi et par Ta grâce, en choisissant les réalités du Ciel plutôt que les plaisirs passagers. Puissé-je toujours vivre ainsi, Te rencontrant à chaque instant de ma vie et attendant cette glorieuse rencontre ultime avec Toi à l’heure du jugement. Jésus, j’ai confiance en Toi.
Prier pour que la volonté de Dieu s’accomplisse
Samedi de la trente-deuxième semaine du temps ordinaire
Le Seigneur dit : « Écoutez ce que dit ce juge malhonnête. Et Dieu ne fera-t-il pas justice à Ses élus, qui crient vers Lui jour et nuit ? Tardera-t-Il à leur répondre ? Je vous le dis : Il leur fera justice sans tarder. » Luc 18:6–8
Il est intéressant de voir que Jésus prend l’exemple d’un juge malhonnête pour illustrer l’importance de prier Dieu, de crier vers Lui jour et nuit pour demander justice. Dans cette parabole, le juge se souciait peu d’une veuve de sa ville qui venait sans cesse lui demander de lui rendre justice. Il avait le sentiment qu’elle ne cessait de l’importuner. Comme elle était si persévérante, le juge se dit : « … puisque cette veuve ne cesse de m’importuner, je vais lui rendre justice, de peur qu’elle ne finisse par venir me frapper. » La conclusion que Jésus tire de cette parabole est citée ci-dessus.
La leçon toute simple que nous devons tirer de cette parabole est qu’il nous faut persévérer dans la prière. Dieu répondra toujours à nos prières, en veillant à ce que « justice soit faite » sans tarder. Mais beaucoup de personnes ont prié, prié et encore prié pour une situation donnée, priant même pour que justice soit faite, et il leur a semblé que Dieu ne répondait pas à leur prière. Certains peuvent donc mettre en doute la promesse de Jésus selon laquelle la prière persévérante sera toujours exaucée et la justice toujours rendue.
Si telle est votre expérience, il est essentiel de vous rappeler deux choses. Premièrement, les paroles de Jésus sont vraies. Lorsque nous persévérons dans la prière et mettons notre confiance en Dieu, Il nous entend et nous répond. Telle est la promesse inébranlable de notre Seigneur. Mais deuxièmement, la « justice » que Dieu rend peut souvent être différente de celle que nous attendons. Il se peut que nous voulions que quelqu’un paie pour le tort qu’il nous a fait, mais qu’après avoir prié avec ferveur, notre Seigneur ne réponde pas à notre attente. C’est pourquoi il est essentiel de savoir que Dieu répond à chacune de nos prières, mais conformément à Sa volonté et à Sa sagesse parfaites. Ainsi, la manière dont Dieu conçoit la justice peut parfois être très différente de la nôtre. Parfois, Sa justice est satisfaite par l’invitation qu’Il nous adresse à faire preuve d’une grande miséricorde. La véritable miséricorde satisfait toujours aux exigences de la justice.
Prenez, par exemple, le cas d’une personne qui vous parle avec grossièreté. Si vous offrez cette situation à notre Seigneur, Il interviendra et vous accordera Sa grâce pour y faire face conformément à Sa volonté. Peut-être adoucira-t-Il le cœur de cette personne pour qu’elle vous présente ses excuses ; ou peut-être, si elle ne s’excuse pas et que son cœur ne s’adoucit pas, Dieu répondra-t-Il à votre prière en vous donnant la grâce de l’humilité, afin que vous puissiez aimer cette personne malgré son absence de repentir. Quelle que soit la manière dont notre Seigneur intervient, il n’en demeure pas moins qu’Il interviendra et vous permettra d’accomplir Sa volonté parfaite. Si, toutefois, votre prière est que cette personne ait à répondre de ses actes et soit condamnée, alors vous essayez de dire à Dieu ce qu’Il doit faire, et Il n’accédera pas à votre demande. Toute notre prière doit, en définitive, avoir pour objet l’accomplissement de la volonté parfaite de Dieu, conformément à Sa sagesse.
Réfléchissez aujourd’hui à la mesure dans laquelle vous faites pleinement confiance à Dieu. Savez-vous avec certitude qu’Il exaucera toute prière que vous Lui adressez avec ferveur et foi, conformément à Sa volonté divine ? Croire cela est libérateur et vous permet de vivre plus pleinement en union avec Lui. Si vous êtes en ce moment aux prises avec une difficulté, voire avec ce qui semble être une injustice, confiez-la à notre Seigneur, jour et nuit, sans relâche, et sachez que Sa grâce vous guidera tandis qu’Il vous répondra conformément à Sa volonté.
Mon Seigneur infiniment sage, Ta volonté est parfaite en toutes choses, et Tu m’accordes toujours Ta grâce lorsque je prie sans cesse. Je T’en prie, donne-moi un cœur confiant, Seigneur bien-aimé, afin que je ne vacille jamais dans l’espérance que Tu répondras toujours à mes prières selon Ta volonté. Jésus, j’ai confiance en Toi.
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