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Se libérer de l’inquiétude
Huitième dimanche du Temps ordinaire (année A)
Jésus dit à ses disciples : « Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir Dieu et Mammon. » Matthieu 6, 24
Il est utile de comprendre qu’après ces paroles introductives, Jésus encourage avec douceur ceux qui L’écoutent à ne pas vivre dans l’inquiétude ou l’anxiété. Dans la suite de l’Évangile d’aujourd’hui, Il aborde directement les soucis et les inquiétudes à quatre reprises consécutives. Bien que Ses paroles introductives citées ci-dessus puissent sembler critiques envers ceux qui comptent excessivement sur l’argent, la suite du passage montre clairement que le souci premier de Jésus est de nous aider à nous libérer des lourds fardeaux qui naissent lorsque nous faisons davantage confiance à l’argent qu’à Lui.
En qui ou en quoi placez-vous votre confiance ultime ? Au fil de la vie, face aux divers besoins matériels, à l’augmentation des dépenses et à d’autres préoccupations semblables, beaucoup se sentent anxieux et s’inquiètent de pouvoir subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. Et pour ceux qui ont largement de quoi vivre, voire qui sont dans l’abondance, les soucis prennent souvent une autre forme. Leur anxiété se manifeste souvent soit par la peur de perdre ce qu’ils possèdent, soit par le désir d’en avoir davantage. Ils pensent que plus ils pourront acquérir de biens au cours de leur vie, plus ils connaîtront la paix et le confort. Et bien que la richesse matérielle offre une certaine forme de stabilité temporelle, elle est loin de pouvoir se comparer à la stabilité et à la paix de l’esprit qui viennent d’une confiance totale en la providence de Dieu en toutes choses.
S’en remettre à la providence de Dieu est très difficile pour une raison toute simple : cela exige de la confiance. Bien que nous devions toujours agir de manière responsable en ce qui concerne notre argent et tout le reste de notre vie, la chose la plus responsable que nous puissions faire est de mettre toute notre confiance en Dieu. Faire confiance signifie qu’en dernier ressort, nous comptons davantage sur Dieu que sur nous-mêmes. Faire ce choix est un acte de la plus haute sagesse. Et ne pas faire ce choix est un acte de folie.
Faites-vous confiance à la providence de Dieu ? Si c’est là votre combat, lisez en entier l’Évangile d’aujourd’hui. Écoutez non seulement ce que Jésus dit, mais aussi le ton sur lequel Il le dit. Il est facile de tomber dans le manque de confiance, mais celui-ci crée un lourd fardeau. La confiance, en revanche, peut être difficile au début, mais elle apporte la paix de l’esprit et la liberté. La vérité toute simple à laquelle il faut croire est que Dieu est digne de confiance et qu’Il prendra fidèlement soin de chacun de vos besoins lorsque vous choisirez de vous en remettre entièrement à Sa sollicitude providentielle. Il vous guidera avec sagesse et pourvoira à vos besoins d’une manière dont vous ne pourriez jamais le faire par vous-mêmes. Et Sa providence ira bien au-delà des préoccupations matérielles, pour rejoindre vos besoins spirituels, mentaux, affectifs et relationnels, qui sont bien plus importants.
Aujourd’hui, demandez-vous si vous considérez Dieu comme digne de confiance pour chacune des préoccupations de votre vie. C’est une question si essentielle à méditer. Recherchez la sagesse qui vous conduit à poser un acte de confiance totale en la sollicitude providentielle de Dieu, et vous découvrirez que Sa bonté et Sa générosité vous prodiguent tout ce dont vous avez besoin dans la vie, et bien davantage encore.
Dieu de toute providence, Toi et Toi seul es digne de ma confiance entière en toutes choses. Je T’en prie, comble-moi du don spirituel de sagesse, afin que je voie clairement qu’il me faut T’abandonner toutes les angoisses et toutes les inquiétudes que je porte. Je T’en prie, libère-moi de ces fardeaux et remplis-moi de la paix qui vient de la confiance en Toi. Jésus, j’ai confiance en Toi.
Jeûner pour la grâce
Huitième dimanche du Temps ordinaire (année B)
Les disciples de Jean et ceux des pharisiens avaient l’habitude de jeûner. Des gens vinrent Lui faire cette objection : « Pourquoi les disciples de Jean et les disciples des pharisiens jeûnent-ils, alors que tes disciples ne jeûnent pas ? » Marc 2:18
Le jeûne, au temps de l’Ancien Testament, avait un but différent de celui de la pratique du jeûne au temps du Nouveau Testament. Son but était aussi différent que l’Ancien Testament l’est du Nouveau. Dans l’Ancien Testament, Dieu gouvernait Son peuple par l’enseignement de la Loi de Moïse et des Prophètes. La moralité reposait principalement sur l’observance extérieure. Ainsi, lorsque le jeûne était pratiqué au temps de l’Ancien Testament, il avait pour but un retour à la fidélité à la Loi et aux Prophètes.
Puis le Messie est arrivé. Il était présent sous une forme humaine et demeurait auprès de Ses disciples jour après jour. Alors que Jésus marchait avec eux et commençait à leur accorder un nouveau don de grâce, Ses disciples n’avaient pas besoin de jeûner comme on jeûnait dans l’Ancien Testament. La Loi nouvelle de la grâce était arrivée. Et pendant un temps, tant que notre Seigneur était avec eux, c’était un temps de joie, non de jeûne, car l’Époux était avec eux.
« Mais les jours viendront où l’époux leur sera enlevé ; alors, ce jour-là, ils jeûneront. » Jésus était l’Époux, et les disciples étaient les invités à la noce. Jésus reconnaissait que le temps viendrait bientôt où Il monterait au Ciel et ne leur serait présent que par la grâce. Lorsque ce temps serait venu, et que Ses disciples se détourneraient de Lui et perdraient dans leur vie Son nouveau don de grâce, ils auraient besoin de jeûner, mais dans un but nouveau. Ce but nouveau était le rétablissement de cette Loi nouvelle de la grâce.
« Personne ne coud une pièce de tissu non rétréci sur un vieux manteau », et « personne ne verse du vin nouveau dans de vieilles outres ». Le jeûne du Nouveau Testament devait avoir pour but le rétablissement intérieur de la grâce que Jésus avait instituée. Le « tissu non rétréci » et le « vin nouveau » désignent cette grâce obtenue par la mort et la résurrection de notre Seigneur. Ainsi, lorsque cette grâce était perdue par le péché personnel, cette nouvelle forme de jeûne devait être l’un des moyens par lesquels cette grâce était rétablie.
Méditez aujourd’hui sur l’importance de cette nouvelle forme de jeûne et de mortification. Par elle, vous vous ouvrez plus pleinement à la grâce et à la miséricorde que vous donne notre Sauveur. Méditez tout particulièrement sur les péchés contre lesquels vous luttez et qui ont pour effet de vous priver de la grâce de Dieu. Le jeûne n’est pas un fardeau par lequel nous payons pour nos péchés passés. Cela a été accompli par la Croix. Le jeûne est plutôt un moyen de libérer notre âme d’un attachement malsain aux péchés qui nous empêchent de nous ouvrir à la grâce de Dieu. Recherchez cette liberté et embrassez chaque acte de mortification nécessaire pour l’obtenir.
Seigneur de grâce, Tu es venu faire toutes choses nouvelles et nous transformer par Ta Loi nouvelle de grâce. Lorsque je vois le péché dans ma vie, donne-moi la sagesse et le courage dont j’ai besoin pour mortifier ma chair et mes appétits, afin d’être libéré de ces fardeaux et de m’ouvrir plus pleinement à tout ce que Tu désires m’accorder. Jésus, j’ai confiance en Toi.
Pleinement formé
Huitième dimanche du Temps ordinaire (année C)
Jésus dit à ses disciples en parabole : « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne vont-ils pas tomber tous les deux dans un trou ? Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; mais une fois bien formé, chacun sera comme son maître. » Luc 6:39–40
Êtes-vous « pleinement formé » ? Que signifie être pleinement formé ? Jésus indique clairement que ceux qui sont pleinement formés seront comme leur maître. Bien sûr, nous devons devenir semblables à notre Seigneur, qui est le seul et unique Maître. Alors, Lui ressemblez-vous en tout ?
Être pleinement formé en tant que chrétien est différent d’être pleinement formé à un métier. Par exemple, un médecin est pleinement formé lorsqu’il a acquis toutes les connaissances nécessaires et mis en pratique les aspects concrets de la médecine. C’est ainsi que cette personne devient médecin, tout comme les médecins qui ont été ses maîtres. Mais la vie chrétienne n’est pas quelque chose que nous maîtrisons en apprenant de nombreux enseignements de la foi pour pouvoir ensuite, grâce à notre expertise, les mettre en pratique au moyen de nos talents naturels. Pour qu’un chrétien soit pleinement formé, il est nécessaire que le divin Médecin prenne pleinement possession de lui, vive en lui et agisse à travers lui. Ainsi, la formation chrétienne consiste à s’exercer à laisser Dieu ne faire qu’un avec vous, afin que ce soit Dieu qui agisse en vous et à travers vous.
Cette forme de « formation » a d’abord pour but de nous libérer de l’aveuglement spirituel. Nous devons voir le Christ et apprendre à Le connaître. Là encore, il ne s’agit pas simplement d’apprendre intellectuellement diverses vérités sur Dieu. Il s’agit de parvenir à connaître la Vérité elle-même, en personne. Nous devons voir et connaître la Personne qu’est le Christ Jésus. C’est cela, voir véritablement. Cependant, l’aveuglement peut toujours revenir lorsque nous détournons du Sauveur les yeux de notre âme.
Voir le Christ ne suffit toutefois pas. La vision doit être suivie de l’action. C’est pourquoi notre Seigneur poursuit en disant dans l’Évangile d’aujourd’hui que « chaque arbre se reconnaît à son fruit » et que « l’homme bon tire le bien du trésor de bonté de son cœur ». Voir le Christ Lui-même au-dedans de votre âme fera naître ce « trésor de bonté », et cela vous rendra plus « pleinement formé ». Alors seulement vous pourrez porter de bons fruits, car ce sera le Christ Lui-même qui les produira en vous et à travers vous.
Revenons donc à notre question initiale : « Êtes-vous pleinement formé ? » Gardez-vous chaque jour les yeux fixés sur une Personne, Jésus Lui-même ? Et si oui, Le laissez-vous agir dans votre vie et, à travers vous, dans celle des autres ? Si vous ne pouvez pas répondre à ces questions par un « oui » assuré, alors votre aveuglement dans la vie spirituelle est peut-être plus grand que vous ne le pensez.
Méditez aujourd’hui sur votre mission : devenir un soldat du Christ pleinement formé. Dieu veut se servir de vous, vivre en vous et agir à travers vous. Il veut que vous Lui ressembliez en tout. Cela n’est possible que lorsque vous reconnaissez l’aveuglement contre lequel vous luttez, que vous tournez les yeux vers Lui et que vous Le laissez ne faire qu’un avec vous. Commencez par vous tourner vers Lui, qui demeure en vous. Recherchez-Le, cherchez-Le et aimez-Le. Si vous gardez les yeux fixés sur Lui, Il prendra soigneusement en charge tout le reste, vous conduisant vers une vie pleinement formée et féconde.
Mon divin Maître, je me tourne vers Toi, le Seigneur de toutes choses, et je cherche à fixer mon regard sur Toi. Tandis que je Te contemple, je T’en prie, dissipe mon aveuglement et ma confusion. À leur place, donne-moi la sagesse, afin que je Te laisse toujours vivre en moi et agir à travers moi, en portant une abondance de bons fruits. Jésus, j’ai confiance en Toi.
Le chemin de la perfection
Lundi de la huitième semaine du Temps ordinaire
Comme Jésus se mettait en route, un homme accourut, se mit à genoux devant lui et lui demanda : « Bon Maître, que dois-je faire pour recevoir en héritage la vie éternelle ? » Jésus lui répondit : « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul. Tu connais les commandements… » Marc 10:17–19
Jésus s’adresse à chacun de manière différente. Il réprimandait les orgueilleux et les arrogants qui venaient Lui tendre un piège. Il faisait preuve d’une douceur et d’une bonté exceptionnelles envers le pécheur repentant qui venait à Lui en larmes. Il parlait en paraboles et en images à ceux qui étaient curieux, mais avaient peu de foi. Et à ceux qui venaient avec un cœur ouvert, cherchant sincèrement la vérité, Il parlait clairement, avec amour et sans détour.
L’Évangile d’aujourd’hui nous présente le récit bien connu du jeune homme riche. Remarquez comment ce jeune homme est venu à Jésus. Tout d’abord, il a « accouru » vers Jésus. Cela laisse entendre qu’il désirait vivement parler à notre Seigneur. Il s’est aussi agenouillé devant Jésus, ce qui témoigne de son humilité et de sa révérence. Puis il a posé à Jésus une question directe et importante. Il n’a pas demandé à Jésus de guérir quelqu’un. Il ne recherchait ni un miracle ni une faveur personnelle. Ce jeune homme a plutôt posé la question que nous devrions tous poser à Jésus chaque jour : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? » Est-ce une question que vous méditez et que vous posez à notre Seigneur ?
Au fil du récit, Jésus donne deux réponses. Tout d’abord, Il donne au jeune homme la réponse fondamentale à sa question. La vie éternelle s’obtient en se gardant du péché grave, par amour et par obéissance à la volonté de Dieu. Mais lorsque le jeune homme poursuit ses questions, Jésus lui donne une réponse bien plus profonde. Cette seconde réponse était fondée sur un profond amour pour ce jeune homme, car elle lui présentait la clé de la perfection. « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. »
Beaucoup de personnes traversent la vie en observant les préceptes les plus fondamentaux de la sainteté. Elles évitent le péché grave afin de demeurer en état de grâce. Et cela est bon. Mais Jésus veut bien davantage : Il veut la perfection. Lorsque nous recherchons sincèrement la perfection, Jésus nous répondra comme Il a répondu au jeune homme riche. La perfection exige une purification en profondeur de nos attachements malsains. La plupart des gens ont de nombreux attachements qui font obstacle à la perfection. Ces attachements ne sont peut-être pas des péchés mortels, mais ils sont des péchés véniels ou des imperfections spirituelles. Il est donc important de savoir que, si vous voulez la perfection et si vous vous humiliez devant notre Seigneur en Lui demandant sincèrement comment l’atteindre, Il vous invitera avec amour à vous détacher de tout, sauf de Dieu et de Sa sainte volonté pour votre vie. Ce que cela signifie concrètement pour vous doit être discerné dans la prière.
Réfléchissez aujourd’hui à ceci : pourriez-vous vous joindre à ce jeune homme riche pour poser humblement ses questions à Jésus ? Voulez-vous savoir comment être parfait ? Si oui, êtes-vous prêt à répondre à ce que Jésus vous demandera ? Êtes-vous disposé à abandonner tout ce qui fait obstacle à la volonté de Dieu, afin de pouvoir Le suivre et accomplir Sa volonté parfaite ? Méditez cette question et engagez-vous à accueillir pleinement la réponse de Jésus : vous deviendrez alors plus riche en ce qui compte vraiment que vous ne pourriez jamais l’imaginer.
Mon Seigneur généreux, Tu m’appelles à la perfection. Tu m’appelles à me détourner de tout ce qui m’empêche de T’aimer parfaitement et d’adhérer pleinement à Ta volonté. Aide-moi, je T’en prie, à me tourner sincèrement vers Toi chaque jour, en ne recherchant en toutes choses que l’accomplissement intégral de Ta volonté. Tandis que je m’y efforce, libère-moi, je T’en prie, de tout ce qui me tient éloigné de la vie de perfection à laquelle je suis appelé. Jésus, j’ai confiance en Toi.
Un échange de dons
Mardi de la huitième semaine du Temps ordinaire
Jésus dit : « Amen, je vous le dis, nul n’aura quitté maison, frères, sœurs, mère, père, enfants ou terres, à cause de moi et de l’Évangile, sans recevoir cent fois plus… » Marc 10, 29–30
Les paroles de Jésus ci-dessus répondent à Pierre qui lui avait dit : « Nous avons tout quitté et nous vous avons suivi. » C’était comme si Pierre se félicitait lui-même, cherchant à souligner l’ampleur des sacrifices que lui et les autres disciples avaient consentis pour suivre Jésus. Et c’était vrai : ils avaient tout abandonné de leur vie passée. Ils avaient quitté leur foyer, leur métier, leurs relations et tout ce qui faisait partie de leur quotidien bien établi pour répondre à l’appel de Jésus. Ils s’étaient véritablement engagés sans réserve.
En entendant cette déclaration de Pierre, Jésus ne donne pas la réponse attendue. Il ne lui dit pas : « Oui, c’est vrai, c’est très impressionnant, Pierre. Bravo et merci ! » Au contraire, Jésus explique aussitôt à Pierre que le sacrifice que lui et les autres ont consenti en vaut la peine. Leur engagement inébranlable à suivre Jésus leur vaudrait des dons dépassant tout ce qu’ils pouvaient imaginer. Ainsi, Jésus leur disait que les dons qu’il leur accorderait seraient infiniment plus grands que tous les sacrifices qu’ils avaient faits.
Jésus ne minimisait pas ainsi le sacrifice de Pierre ; il lui adressait plutôt un encouragement. Il encourageait Pierre et les autres disciples à avoir pleinement confiance dans leur décision de le suivre. Leur sacrifice porterait du fruit au centuple. Voilà vraiment un bon investissement.
Nous pouvons tous être tentés, parfois, de penser que Dieu nous en demande trop. Il est vrai que Dieu nous demande beaucoup. Il nous demande tout. Il nous demande de lui faire le don entier et total de notre vie. Il nous appelle à renoncer à tout égoïsme et à nous consacrer à sa sainte volonté, sans exception. Mais si nous comprenons la récompense attachée au don de nous-mêmes, alors les sacrifices que nous faisons paraîtront bien peu de chose en comparaison.
Réfléchissez aujourd’hui : pouvez-vous, oui ou non, reprendre ces paroles de l’apôtre saint Pierre : « Seigneur, j’ai tout quitté pour vous suivre » ? Avez-vous vraiment donné votre vie tout entière au Christ Jésus ? Y a-t-il encore des choses que vous gardez pour vous, sans vouloir les « sacrifier » pour notre Seigneur ? Méditez ces paroles de Pierre et laissez-les vous révéler les aspects de votre vie que vous devez encore remettre à Jésus. Ce faisant, laissez la récompense promise par notre Seigneur vous encourager au point de ne vraiment plus rien retenir et de tout abandonner pour suivre sa sainte volonté.
Mon Seigneur généreux, Tu me demandes tout. Tu me demandes de tout abandonner pour rechercher Ta volonté parfaite. Donne-moi la grâce dont j’ai besoin pour répondre à Ton appel et vivre dans le sacrifice pour Toi, sans compter ce qu’il m’en coûte. Ta générosité dépasse tout ce que les mots peuvent exprimer, Seigneur bien-aimé, et j’ai confiance que Te suivre portera de bons fruits en abondance. Jésus, j’ai confiance en Toi.
La grandeur dans le saint service
Mercredi de la huitième semaine du Temps ordinaire
Alors Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchèrent de Jésus et lui dirent : « Maître, nous voulons que vous fassiez pour nous tout ce que nous vous demanderons. » Il leur répondit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? » Ils lui répondirent : « Accordez-nous de siéger, dans votre gloire, l’un à votre droite et l’autre à votre gauche. » Marc 10, 35–37
Jacques et Jean se montraient particulièrement audacieux. Leur audace venait peut-être, en partie, du fait qu’ils s’étaient beaucoup familiarisés avec la bonté de Jésus. Il ne ressemblait à personne d’autre, et sa sincérité leur était manifeste. Aussi se sont-ils laissé prendre au piège de considérer la bonté de Jésus comme un acquis, en sollicitant de notre Seigneur une faveur égoïste. La réponse de Jésus est douce et réfléchie et, finalement, Jacques et Jean sont quelque peu humiliés d’avoir tenté d’obtenir cette faveur égoïste lorsque les autres disciples « s’indignent » de leur demande.
Jésus résume ainsi sa réponse à ces disciples : « … celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur ; celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous. » Jésus, bien sûr, parlait tout particulièrement de lui-même. Il était le plus grand et le premier parmi eux. Et c’est pour cette raison qu’il s’est abaissé pour devenir leur serviteur et « l’esclave de tous ». Habituellement, l’idée d’être esclave a des connotations très négatives. L’esclavage porte atteinte à la dignité d’autrui. C’est une manière de mépriser la dignité de la personne. Pourtant, Jésus dit que la voie idéale pour être véritablement grand consiste à devenir l’esclave de tous.
Lorsque l’esclavage, au sens propre, est imposé à une autre personne, il constitue une grave atteinte à sa dignité. Mais Jésus parle d’une autre forme d’esclavage, un saint esclavage. Pour Jésus, un saint esclavage consiste à se donner à autrui par amour, dans le sacrifice. Et c’est ce que Jésus a accompli à la perfection. Sa mort sur la Croix fut une véritable mort physique. Ce fut le sacrifice de sa vie terrestre, mais un sacrifice librement consenti dans le but de libérer les autres. Parlant de lui-même, Jésus explique son saint « esclavage » lorsqu’il dit : « Car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »
La grandeur de Jésus réside d’abord dans le simple fait qu’il est Dieu. Mais c’est lorsqu’il donne sa vie « en rançon pour la multitude » que sa grandeur se manifeste le plus pleinement dans sa nature humaine. La Croix devient le plus grand acte de service aimant que le monde ait jamais connu. Le fruit de son sacrifice désintéressé est le salut de tous ceux qui se tournent vers lui. Ainsi, Jésus fait de l’esclavage et de la mort le plus grand acte d’amour jamais connu.
Réfléchissez aujourd’hui à l’appel qui vous est adressé à vivre une vie de saint esclavage. Comment Dieu vous appelle-t-il à vous donner aux autres par amour, dans le sacrifice ? D’un point de vue purement humain, l’idée de sacrifice, de servitude et même de saint esclavage est difficile à comprendre. Mais lorsque nous prenons Jésus pour modèle, elle devient beaucoup plus claire. Cherchez comment vous pouvez vous donner aux autres de manière désintéressée, et sachez que plus vous imiterez notre Seigneur dans cette sainte démarche, plus votre vie sera grande.
Seigneur de toute sainteté, Ta grandeur s’est manifestée dans Ta nature humaine par Ton acte de parfaite servitude, lorsque Tu as librement choisi de mourir pour les péchés de ceux qui se tournent vers Toi pour obtenir la rédemption. Tu T’es abaissé, prenant la condition d’esclave, afin que tous puissent être libérés. Aide-moi à toujours avoir confiance en Ton grand amour et à m’ouvrir sans cesse au don de la rédemption que Tu offres. Jésus, j’ai confiance en Toi.
Crier vers Jésus
Jeudi de la huitième semaine du Temps ordinaire
Tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, Bartimée, un aveugle, fils de Timée, était assis au bord du chemin et mendiait. Apprenant que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! » Marc 10, 46–47
Comment priez-vous ? Vous arrive-t-il de « crier » vers Jésus avec une conviction profonde et avec ferveur ? Cet aveugle, Bartimée, nous offre un merveilleux exemple de la manière dont nous devrions prier notre Seigneur. Tout d’abord, cet aveugle était dans le besoin. Sa cécité symbolise chacune des faiblesses et chacun des besoins de votre vie. Quelle est donc votre plus grande lutte dans la vie ? Quel est le péché auquel vous succombez le plus souvent ? Ou qu’est-ce qui vous cause le plus de peine ?
Reconnaître notre faiblesse est le premier pas. Une fois conscients de nos besoins les plus profonds, nous devons aussi « crier » vers notre Seigneur, comme l’a fait Bartimée. En apprenant que c’était Jésus, Bartimée a perçu, au fond de son âme, que Jésus voulait le guérir. Comment l’a-t-il perçu ? Il a écouté la voix de Dieu en lui. Certes, il a entendu l’agitation de tous ceux qui parlaient de Jésus tandis qu’il passait. Mais cela seul n’aurait pu le pousser à crier et à reconnaître en Jésus la source de la miséricorde dont il avait besoin. Ce qui l’y a poussé, c’était la voix claire de Dieu, une motion de l’Esprit Saint au fond de son âme, lui révélant qu’il avait besoin de Jésus et que Jésus voulait le guérir.
Au début, ceux qui l’entouraient rabrouaient Bartimée et lui disaient de se taire. Et si Bartimée avait eu une foi faible, il aurait peut-être écouté la foule et, dans son désespoir, gardé le silence. Mais il est tout à fait clair que, non seulement il n’a pas tenu compte des réprimandes des autres, mais il « criait de plus belle ».
Bartimée nous donne ici un double témoignage de la manière dont nous devons nous tourner vers notre Seigneur. D’abord, nous devons percevoir sa présence douce mais claire au fond de notre âme. Nous devons reconnaître sa voix et les motions de sa grâce. Il veut nous guérir, et sa présence dans nos vies doit être perçue intérieurement. Ensuite, nous devons nous attacher de toutes nos forces à cette voix intérieure. La foule qui rabrouait Bartimée symbolise les nombreuses « voix » et tentations que nous rencontrons dans la vie et qui cherchent à nous empêcher de crier avec fidélité et ferveur vers le Dieu qui nous parle. Rien ne devrait nous détourner de notre ferme détermination à appeler Jésus de tout notre cœur, en lui présentant notre besoin.
Méditez aujourd’hui sur Bartimée en voyant en lui une image de vous-même. Reconnaissez votre besoin pressant de notre Seigneur et soyez à l’écoute de sa voix claire. L’entendez-vous ? Percevez-vous qu’il passe près de vous ? Alors, criez vers lui avec ferveur, intensité et conviction. Et si vous découvrez des tentations qui cherchent à réduire au silence votre prière et votre foi, redoublez d’ardeur et criez « de plus belle » vers notre Seigneur. Il vous entendra, vous appellera à lui et vous accordera la grâce qu’il désire vous donner.
Mon Jésus miséricordieux, Tu passes sans cesse auprès de moi, m’attirant à Toi par Ta présence divine. Donne-moi la grâce dont j’ai besoin pour reconnaître mon besoin de Toi et crier vers Toi de tout mon cœur. Que rien ne me détourne jamais de cette prière fervente, Seigneur bien-aimé, et lorsque la tentation survient, que je crie vers Toi avec plus de force encore. Jésus, j’ai confiance en Toi.
Une réprimande de Jésus
Vendredi de la huitième semaine du Temps ordinaire
Le lendemain, comme ils quittaient Béthanie, il eut faim. Apercevant de loin un figuier couvert de feuilles, il s’en approcha pour voir s’il y trouverait quelque chose. Arrivé près de l’arbre, il n’y trouva que des feuilles, car ce n’était pas la saison des figues. Alors il lui dit : « Que jamais plus personne ne mange de ton fruit ! » Et ses disciples l’entendirent. Marc 11, 12–14
Ce récit est tout à fait singulier et intéressant. Il nous dit tout d’abord que Jésus était pleinement humain. En tant qu’homme, il avait faim. Mais ce récit nous révèle bien davantage que le simple fait que Jésus avait faim. Il devait savoir que ce n’était pas la saison des figues, mais il décida malgré tout d’en chercher une. Et lorsqu’il n’en trouva aucune, il maudit le figuier et, comme nous le lisons plus loin dans ce chapitre, l’arbre se dessécha et mourut. Il s’agissait d’un geste symbolique destiné à ses disciples, puisqu’ils l’entendirent maudire l’arbre et virent plus tard que celui-ci s’était desséché.
Saint Bède, un Père de l’Église des premiers siècles, nous dit que ce geste de Jésus avait une portée allégorique. L’arbre symbolise les nombreuses personnes que Jésus a rencontrées, et qu’Il continue de rencontrer aujourd’hui, qui n’ont pas porté de bons fruits dans leur vie. Il s’agissait des pharisiens et d’autres personnes qui ne pratiquaient leur foi que de manière extérieure. Les feuilles, nous dit saint Bède, symbolisaient les aspects extérieurs de la foi, et l’absence de fruits symbolisait l’absence des fruits intérieurs de sainteté et de bonnes œuvres. Cette leçon nous dit que Jésus est très exigeant. Il est résolu à trouver de bons fruits dans nos vies. Il veut que nous devenions authentiquement saints. Et lorsqu’Il ne trouve que des apparences, Il nous reprend avec amour, allant jusqu’à nous retirer même ces apparences.
Quels bons fruits notre Seigneur veut-Il trouver dans votre vie ? Comment veut-Il vous voir grandir concrètement en sainteté ? Vous contentez-vous de gestes routiniers, d’assister à la messe, de réciter quelques prières, sans pour autant produire en abondance des fruits de vertu, de compassion, de miséricorde et de bonté ? Dites-vous que vous croyez en notre Seigneur, sans pour autant annoncer le saint Évangile par vos paroles et par vos actes ? Si notre Seigneur venait à vous, comme Il est venu vers ce figuier, que trouverait-Il ?
Être chrétien n’est pas une affaire qui se joue exclusivement entre vous et Dieu. Être chrétien exige que vous vous donniez si entièrement au service de Dieu et des autres que Dieu puisse accomplir des choses extraordinaires à travers vous. La foi chrétienne doit porter de bons fruits dans votre vie et, à travers vous, dans la vie des autres. Et elle doit le faire en abondance.
Méditez aujourd’hui cette sainte image de Jésus qui s’approche de ce figuier et l’examine pour y chercher une figue. Voyez dans cet arbre une image de votre âme et contemplez la faim qui habite le cœur de notre Seigneur. Lorsqu’Il vous regarde, vous et votre vie, sera-t-Il rassasié ? Trouvera-t-Il de la sainteté et de bonnes œuvres manifestes ? Ou ne trouvera-t-Il guère, voire rien d’autre que des déclarations extérieures affirmant que vous êtes chrétien ? Engagez-vous à vivre une sainteté authentique et manifeste, dans toute son abondance, et la faim de notre Seigneur sera rassasiée.
Mon Seigneur exigeant, Tu appelles tous ceux qui Te suivent à une sainteté vécue, qui transforme, qui se manifeste et qui porte du fruit pour Ton Royaume. Aide-moi à être chrétien non seulement de nom, mais surtout en actes. Que ma vie porte véritablement les bons fruits de la sainteté et que cette sainteté devienne un moyen par lequel Tu rassasies la faim spirituelle de Ton peuple. Jésus, j’ai confiance en Toi.
Le danger de l’obstination
Samedi de la huitième semaine du Temps ordinaire
« Je vais vous poser une seule question. Répondez-moi, et je vous dirai par quelle autorité je fais ces choses. Le baptême de Jean venait-il du ciel ou des hommes ? Répondez-moi. » Marc 11:29–30
Telle est la réponse de Jésus aux grands prêtres, aux scribes et aux anciens, lorsqu’ils s’approchèrent de Lui dans l’enceinte du Temple et Lui demandèrent de quelle autorité Il agissait ainsi. Et qu’avait donc fait Jésus ? La veille, Jésus s’était rendu au Temple et en avait chassé les changeurs en leur disant : « N’est-il pas écrit : “Ma maison sera appelée maison de prière pour tous les peuples” ? Mais vous en avez fait une caverne de bandits. » Cela indigna les chefs religieux, qui se mirent aussitôt à discuter de la manière dont ils pourraient faire mourir Jésus.
Considérez d’abord la tension qui régnait. Ils complotaient bel et bien pour faire mourir Jésus, le Fils de Dieu. Ils étaient remplis de haine et de jalousie et refusaient de croire en Lui. Jésus vit leur dureté de cœur et les mit au pied du mur : ils devaient d’abord répondre à Sa question avant qu’Il ne réponde à la leur. Pourquoi Jésus agirait-Il ainsi ?
La question que Jésus leur posa était en réalité un acte de grande miséricorde de sa part. Il leur offrait une occasion de se repentir. S’ils avaient seulement répondu à sa question avec une foi humble et avec honnêteté, ils auraient pu sauver leur vie. Au lieu de cela, ils discutèrent entre eux de sa question et donnèrent la réponse politiquement correcte. S’ils avaient dit que le baptême de Jean était d’origine humaine, et non de Dieu, ils craignaient que le peuple ne se retourne contre eux. Ils dirent donc simplement : « Nous ne savons pas. » Mais imaginez qu’ils aient donné la bonne réponse. Et s’ils en avaient discuté entre eux et avaient conclu que le baptême de Jean venait véritablement de Dieu et qu’ils auraient dû croire en lui ? S’ils s’étaient seulement humiliés, s’ils avaient reconnu s’être gravement trompés au sujet de Jean, alors Jésus aurait répondu à leur question, et leur vie de foi véritable aurait pu commencer. Mais ils ne l’ont pas fait. Ils sont restés obstinés. Ils ne pouvaient pas reconnaître qu’ils avaient tort.
L’obstination compte parmi les péchés les plus dangereux. C’est un péché qui ne peut être pardonné, car il est, par essence, un refus de changer. Et lorsqu’une personne refuse de reconnaître son péché et refuse de changer, Dieu ne peut pas l’aider. Elle demeure perdue dans son péché et en subit les conséquences.
Luttez-vous contre l’obstination dans votre vie ? Avez-vous du mal à reconnaître que vous avez tort ? Vous est-il difficile de demander pardon à quelqu’un et de chercher à changer ?
Réfléchissez aujourd’hui à tout ce en quoi vous demeurez obstiné. Y a-t-il des vérités de foi auxquelles vous refusez de croire ? Y a-t-il des relations brisées que vous refusez de renouer humblement ? Justifiez-vous votre péché en refusant de reconnaître votre culpabilité et votre besoin de changer ? Priez notre Seigneur de vous accorder le don d’un cœur humble. À bien des égards, l’humilité n’est rien d’autre que le fait d’être pleinement honnête envers soi-même et envers les autres devant Dieu. Ne suivez pas l’exemple de ces chefs religieux. Cherchez humblement à ôter toute obstination de votre cœur afin que notre Seigneur puisse y entrer et apporter sa miséricorde dans votre vie.
Mon Jésus inébranlable, Tu affrontes ceux qui sont orgueilleux, arrogants et obstinés avec beaucoup de force et d’amour. Tu le fais pour les aider à surmonter l’endurcissement de leur cœur. Accorde-moi la grâce de l’humilité, Seigneur bien-aimé, afin que je sois toujours capable de reconnaître mon péché et de me tourner vers Toi avec amour. Jésus, j’ai confiance en Toi.
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